MICROÉCONOMIEIncitations et contrats

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La théorie des contrats

La théorie des contrats a un nom trompeur, qui peut laisser penser qu'elle étudie les procédures juridiques encadrant les relations économiques. Sa définition est d'ailleurs difficile. Les travaux publiés dans ce domaine depuis les années 1970 forment un ensemble tellement foisonnant qu'une définition précise exclurait arbitrairement trop de contributions dont il est pourtant clair pour un économiste qu'elles relèvent de la théorie des contrats.

La théorie des contrats peut tout au moins être définie par son objet, qui est d'appréhender les relations d'échange entre des agents économiques, en tenant compte des contraintes institutionnelles et informationnelles qui s'imposent à eux. Vu l'ampleur de cette tâche, la théorie des contrats ne peut pas viser – au moins dans un premier temps – le même degré de généralité que la théorie de l'équilibre général, par exemple.

Ainsi, ses modèles sont pour la plupart des modèles d'équilibre partiel, qui isolent du reste de l'économie le marché où s'échange un bien. Ils décrivent les interactions d'un petit nombre d'agents, souvent deux seulement. Cette volonté affichée de simplification permet une description plus fine des relations étudiées.

Comme le mot l'indique, les modèles de la théorie des contrats résument les propriétés du cadre institutionnel qui prévaut à travers un « contrat ». Ce dernier peut être explicite, c'est-à-dire faire l'objet d'un document signé. Un contrat explicite sera généralement garanti par une « tierce partie », telle qu'un tribunal ou un conciliateur, ou simplement par le désir qu'ont les agents de maintenir leur bonne réputation. Le contrat peut aussi n'être qu'implicite, comme un système de normes de comportement dont la violation est supposée donner lieu à des représailles non nécessairement codifiées à l'avance : un chef d'entreprise peut ainsi être mis au ban par ses pairs s'il adopte un comportement jugé déviant. La bonne exécution d'un tel contrat implicite devra alors se perpétuer comme un équilibre dans l'interaction entre les par [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  MICROÉCONOMIE  » est également traité dans :

MICROÉCONOMIE - Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Stéphane SAUSSIER
  •  • 653 mots

La théorie microéconomique étudie des unités économiques individuelles et leurs interactions. Elle s'intéresse ainsi, par exemple, aux consommateurs et aux producteurs mais aussi aux marchés sur lesquels ils se rencontrent. Elle propose une représentation simplifiée, comme toute théorie, du fonctionnement de la société. Pour réaliser cet objectif, elle repose sur un ensemble d'hypothèses portant s […] Lire la suite

MICROÉCONOMIE - Théorie microéconomique

  • Écrit par 
  • Edmond MALINVAUD
  •  • 6 000 mots
  •  • 1 média

La théorie microéconomique a pour objet l'étude des comportements économiques individuels et de leurs interactions dans les économies de marché, interactions analysées depuis Léon Walras dans le cadre de l'équilibre général. L'expression théorie microéconomique s'est imposée au milieu du xx […] Lire la suite

MICROÉCONOMIE - Théorie de l'équilibre général

  • Écrit par 
  • Antoine d' AUTUME
  •  • 1 682 mots

La théorie de l'équilibre général étudie l'allocation des ressources dans le cadre d'une économie de marché où règne la concurrence parfaite. Elle met en lumière la manière dont les marchés et les prix assurent la coordination des activités économiques. Se trouve ainsi formalisée l'idée avancée en 1776 par […] Lire la suite

MICROÉCONOMIE - Économie du bien-être

  • Écrit par 
  • Emmanuelle BÉNICOURT
  •  • 4 768 mots

En économie, le mot « bien-être » est étroitement associé à l'expression « économie du bien-être », qui elle-même désigne la recherche des moyens à mettre en œuvre pour parvenir à des situations qui sont considérées comme les meilleures possibles pour, et par, la collectivité. Cette branche de l'analyse économique est au cœur même de l'économie politique depuis ses débuts. Par exemple, la […] Lire la suite

ACHAT POUVOIR D'

  • Écrit par 
  • Stéfan LOLLIVIER
  •  • 5 611 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La théorie microéconomique prise en défaut »  : […] Dans les manuels de microéconomie, la théorie du consommateur fournit une définition de la notion d'indice du coût de la vie. Elle considère un consommateur à deux dates consécutives. Celui-ci choisit son panier de biens selon ses préférences, en fonction des prix et du revenu dont il dispose. À la première date, avec le système de prix en vigueur, et compte tenu de son revenu, il choisit un pani […] Lire la suite

CHÔMAGE - Politiques de l'emploi

  • Écrit par 
  • Christine ERHEL
  •  • 7 267 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Aspects méthodologiques »  : […] L'enjeu central de l'évaluation des politiques de l'emploi est d'identifier et de quantifier l'impact des mesures sur des variables représentant leurs objectifs (emploi, chômage, fonctionnement du marché du travail). Pour les économistes, l'évaluation peut se faire à deux niveaux : au niveau des bénéficiaires des mesures (études microéconomiques), et au niveau de l'ensemble de l'économie (études m […] Lire la suite

COASE RONALD HARRY (1910-2013)

  • Écrit par 
  • Françoise PICHON-MAMÈRE
  •  • 1 306 mots

Dans le chapitre « La nature de la firme »  : […] Né le 29 décembre 1910 à Middlesex (Grande-Bretagne), Ronald Coase est diplômé de la London School of Economics où il enseigne de 1932 à 1951 en même temps qu'il rédige ses premiers articles, souvent à la frontière du droit et de l'économie. Dans les années 1930, il traverse une première fois l'Atlantique pour interroger les dirigeants de grandes entreprises (Ford, General Motors, Union Carbide) e […] Lire la suite

DROIT - Économie du droit

  • Écrit par 
  • Bruno DEFFAINS
  •  • 3 737 mots
  •  • 2 médias

L' analyse économique du droit constitue un mouvement de l'économie vers le droit puisqu'elle se propose d'utiliser les outils de l'analyse économique afin d'étudier des questions relevant de la sphère juridique. Plus précisément, elle peut se définir comme l'application des hypothèses théoriques (rationalité, maximisation de l'utilité, mécanismes incitatifs, etc.) et des critères de jugement (équ […] Lire la suite

ÉCONOMÉTRIE

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre FLORENS
  •  • 7 370 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le domaine de l'économétrie »  : […] L'économétrie construit des modèles, c'est-à-dire des schématisations de phénomènes économiques, à l'aide de relations mathématiques. Ces phénomènes peuvent être microéconomiques et concerner des éléments du comportement des agents économiques : on étudie par exemple l'offre de travail des femmes, l'épargne des ménages ou la structure des coûts de production d'une catégorie d'entreprises. Ils pe […] Lire la suite

ÉCONOMIE (Définition et nature) - Objets et méthodes

  • Écrit par 
  • Henri GUITTON
  •  • 6 469 mots

Dans le chapitre « Analyse micro-économique et analyse macro-économique »  : […] Il faudrait ici faire appel à la distinction entre analyse micro-économique et analyse macro-économique. La science économique est-elle fondamentalement de type microscopique ou de type macroscopique ? C'est une question qui met en jeu une idée déjà connue des Grecs : pour connaître l'univers, faut-il aller de la partie vers le tout ou, inversement, du tout vers la partie ? En politique économiq […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Bernard SALANIÉ, « MICROÉCONOMIE - Incitations et contrats  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/microeconomie-incitations-et-contrats/