MICROBIOME HUMAIN

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Conséquences du déséquilibre entre populations bactériennes

Dans une optique darwinienne simple, on peut penser que, puisque le microbiote intestinal (dont il va surtout être question ici) est différent des divers mondes bactériens (du corps et de l’environnement) qui l’entourent, c’est qu’il a été sélectionné d’une façon ou d’une autre sur la base de sa relation avec l’hôte et des conditions propres à cet écosystème. S’il en est ainsi, à quoi sert-il ?

De manière générale, le microbiote donne à l’individu des caractéristiques spécifiques. Il contribue à une absorption efficace des nutriments par l’intestin. Des micro-organismes participent à l’hydrolyse (décomposition) des aliments, notamment des polysaccharides complexes. Ils contribuent au contrôle de voies métaboliques importantes pour les acides gras, le calcium et surtout le fer. Ainsi, les cellules intestinales de souris dépourvues de microbiome (souris dites axéniques) sont moins capables de stocker et de libérer le fer sous une forme utilisable. Le microbiote intestinal contribue par ailleurs à la gestion des vitamines K et B12. Ces fonctions du microbiote intestinal sont directement liées à la nutrition et présentent souvent, chez l’homme comme chez l’animal, une dimension symbiotique.

Un autre rôle des microbiotes concerne le développement du système immunitaire. Les souris axéniques présentent un système immunitaire immature et doivent être gardées dans un espace stérile car elles sont particulièrement sensibles aux infections. La colonisation de leur intestin par Bacteroides fragilis, une bactérie présente dans tous les microbiotes intestinaux et connue pour son effet anti-inflammatoire, rétablit l’équilibre normal des populations lymphocytaires de l’animal et une production normale de ses lymphokines. Comme l’intestin contient 70 p. 100 des cellules du système immunitaire et que ces cellules circulent dans l’organisme, leur interface avec le contenu intestinal et le microbiote ne saurait être ignorée.

Enfin, toujours dans [...]


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Lien possible entre inflammation intestinale et maladie de Parkinson

Lien possible entre inflammation intestinale et maladie de Parkinson
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Étal de probiotiques

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Pour citer l’article

« MICROBIOME HUMAIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/microbiome-humain/