TOURNIER MICHEL (1924-2016)

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Écrivain par compensation

Michel Tournier naît à Paris le 19 décembre 1924 dans une famille aisée. Son éducation est profondément marquée par la culture allemande, la musique et la religion catholique. Son père est directeur général du Bureau international des éditions de musique (BIEM) chargé de la gestion des droits d'auteur de la musique enregistrée et sa mère est une ancienne universitaire germaniste. Il fait ses études au collège Saint-Eremberg de Saint-Germain-en-Laye de 1935 à 1937 puis, pendant un an, chez les pères d'Alençon qui lui inspireront les personnages d'Abel Tiffauges dans Le Roi des aulnes et d'Alexandre Surin dans Les Météores (1975). Plus tard, au lycée Pasteur, il a comme condisciples Roger Nimier et Gilles Deleuze. Il découvre la philosophie grâce aux cours de Maurice de Gandillac et à la lecture des œuvres de Gaston Bachelard. Il s'inscrit à la faculté de droit et lettres de la Sorbonne et prépare un DES de philosophie. En 1946, il est un des premiers chercheurs à retourner en Allemagne. Jusqu'en 1949, il étudie la philosophie allemande à l'université de Tübingen.

Michel Tournier

Photographie : Michel Tournier

Optant pour une forme résolument classique, Michel Tournier renoue, dans ses grands ouvrages, avec le roman de formation et les archétypes mythiques propres au conte. 

Crédits : Philippe Matsas/ Opale/ Leemage

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De retour en France, il prépare en 1950 l'agrégation. Son échec au concours est pour lui un choc profond. Il décide de renoncer à la carrière d'enseignant. « Je suis devenu écrivain par compensation », écrira plus tard Michel Tournier. Il entre alors à la RTF comme journaliste et traducteur, puis il est engagé en 1954 comme attaché de presse à Europe no 1. Parallèlement, il collabore aux suppléments littéraires du Monde et du Figaro. En 1958, il dirige le service littéraire des éditions Plon et commence la rédaction de Vendredi ou les limbes du Pacifique, adaptation de l'œuvre de Daniel Defoe et réflexion sur la civilisation moderne. Le roman, reçoit en 1967, le grand prix de l'Académie française. Trois ans plus tard, Le Roi des aulnes (adapté au cinéma en 1996 par Volker Schlöndorff) obtient le prix Goncourt et assoit définitivement la notoriété de l'écrivain. Michel Tournier peut désormais se consac [...]

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Dans le chapitre «  Genèse du mythe, génie du lieu »  : […] Il est banal de dire que les « lieux » littéraires sont devenus des lieux sacrés. À jamais le modeste chemin qui mène aux Charmettes et ses pervenches printanières ont pris, grâce aux Confessions , l'ampleur d'une route et de stations de pèlerinage. Ce lac près d'Aix-les-Bains que Lamartine, lors d'un très bref séjour, a immortalisé dans un célèbre poème rejoint la rive de l'Arno à jamais fixée pa […] Lire la suite

LE ROI DES AULNES, Michel Tournier - Fiche de lecture

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  • Philippe DULAC
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Dans Vendredi, ou les Limbes du Pacifique , son premier roman paru en 1967, Michel Tournier avait « réécrit » l'histoire de Robinson Crusoé, donnant au mythe forgé par Daniel Defoe une dimension philosophique et l'ajustant à des interrogations plus contemporaines . Le Roi des aulnes pour sa part, prix Goncourt en 1970, emprunte son titre à l'un des poèmes les plus célèbres de Goethe, immortalisé […] Lire la suite

Pour citer l’article

Frédéric MAGET, « TOURNIER MICHEL - (1924-2016) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-tournier/