GONDRY MICHEL (1963- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La vie rêvée

Michel Gondry se lance dans une carrière aux États-Unis avec un long-métrage sur un scénario de Charlie Kaufman, qui avait écrit Dans la peau de John Malkovitch (Spize Jonze, 1999). Mais Human Nature (2001), comédie sur le thème du bon sauvage, n'obtient qu'une audience médiocre. La seconde réalisation du même tandem Gondry-Kaufman est par contre une réussite : Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) mêle suspense et réflexion existentielle à travers un thème canonique de la science-fiction : peut-on effacer de sa mémoire toute trace d'un être qu'on a aimé, en recourant à un traitement inventé par un savant fou ? Un beau duo d'acteurs – Jim Carrey et Kate Winslet – anime cette brillante divagation.

À partir de ce succès, Gondry poursuit son œuvre éclectique aux États-Unis ou en France. Il porte à l'excès les caractères spécifiques de chacune de ces cinématographies, comme il aime alterner fictions de haute fantaisie et documentaire en direct, tel l'enregistrement du spectacle à Brooklyn du « Chappelle's Show » , où l'humoriste américain Dave Chappelle est entouré des plus grands créateurs de hip-hop (Block Party, 2006), ou encore le portrait de sa tante, institutrice pendant trente-cinq ans dans les Cévennes (L'Épine dans le cœur, 2009). La Science des rêves (2006) oscille entre réel et imaginaire, veille et sommeil, effets spéciaux technologiques et découpages papiers-carton, pour recréer l'univers d'un jeune Mexicain (Gael García Bernal) trouvant l'amour à Paris et s'inventant avec son élue aussi fantasque que lui (Charlotte Gainsbourg) une vie de rêve. Dans Soyez sympa, rembobinez (Be Kind Rewind, 2008), deux amis cinéphiles, après avoir effacé par mégarde les cassettes de leur vidéo club, décident de « rejouer » tous les films disparus, sans moyens mais avec des idées farfelues. Ce qui nous vaut de facétieux pastiches des genres du cinéma populaire américain, et une désorganisation brouillonne du récit propre à mettre en valeur le virevoltant Jack Black.

Dave Chappelle’s Block Party, de M. Gondry

Dave Chappelle’s Block Party, de M. Gondry

Photographie

En 2006, l'humoriste américain Dave Chappelle décide de réunir ses amis de la scène musicale noire américaine dans le cadre d'une grande fête de quartier au cœur de Brooklyn, à l'image des premières block parties qui ont vu naître le mouvement hip hop. Lors de ce concert mémorable filmé... 

Crédits : John D. Kisch/ Separate Cinema Archive/ Getty Images

Afficher


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages



Médias de l’article

Michel Gondry

Michel Gondry
Crédits : CarlaVanWagoner/ Shutterstock

photographie

Dave Chappelle’s Block Party, de M. Gondry

Dave Chappelle’s Block Party, de M. Gondry
Crédits : John D. Kisch/ Separate Cinema Archive/ Getty Images

photographie





Écrit par :

  • : professeur honoraire d'histoire et esthétique du cinéma, département des arts du spectacle de l'université de Caen

Classification


Autres références

«  GONDRY MICHEL (1963- )  » est également traité dans :

FRANCE (Arts et culture) - Le cinéma

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre JEANCOLAS, 
  • René PRÉDAL
  •  • 11 154 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Un cinéma pluriel »  : […] Si ces cinéastes n’ont pas de « pères » (sinon Maurice Pialat), les « grands frères » des années 1990 leur servent d’exemples, les derniers films d’Olivier Assayas ( Sils Maria , 2014 ; Personal Shopper , 2016) et d’Arnaud Desplechin ( Trois Souvenirs de ma jeunesse , 2015) étant parmi leurs plus accomplis, tandis que Bruno Dumont change radicalement de ton avec sa drolatique mini-série produit […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

René PRÉDAL, « GONDRY MICHEL (1963- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-gondry/