MIAO ET YAO

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Des paysans nomades

Les Miao et les Yao sont ainsi présents sur un immense territoire, mais d'une manière très discontinue, car ce sont des montagnards dispersés dans des hameaux parfois de quelques maisons seulement, et, en fait, ils ne totalisent pas quatre millions d'individus, établis pour la plupart en Chine. On ne leur connaît jusqu'ici ni centres urbains ni véritable organisation politique émanant de leur évolution sociale propre. Cette situation s'explique par leur mode de vie. Miao et Yao sont des paysans de tradition nomade. Ils utilisent les ressources de la montagne, comme beaucoup des minorités non-Han (non « chinoises ») qui les entourent. Très défavorisés par rapport aux agriculteurs sédentaires des plaines, il est vraisemblable que les montagnards ont été peu à peu repoussés vers les hautes terres par les Han, plus puissants, mieux organisés et mieux outillés. En ce sens, les plus déshérités sont les Miao, implantés sur les pentes les plus hautes (en général au-dessus de mille mètres) et les plus ingrates. Leurs principales ressources agricoles proviennent non pas des rizières irriguées, peu nombreuses et difficilement aménageables à ces altitudes, mais des brûlis de forêt. Pratiquée souvent d'une manière incontrôlable, répétée inconsidérément (notamment dans le nord de l'Indochine), cette technique rudimentaire est très dévastatrice. Elle explique la faible densité et l'éparpillement de ces populations dépourvues d'une organisation sociale géographiquement perceptible.

On conçoit qu'il s'agisse de groupes humains ayant vécu en marge des grands courants de développement culturel et économique, et que, de plus, ils se soient diversifiés les uns des autres. Les Miao se divisent en quatre grands groupes dont deux sont bien connus : les Miao occidentaux de langue hmong et les Miao centraux de langue hmou. Ce sont des Hmong qui ont émigré vers le Vietnam, le Laos, la Thaïlande et peut-être la Birmanie. Dans ces régions, ils constituent trois sous-groupes appelés Mèo « blancs », Mèo « verts » (ou « bigarrés », ou « [...]

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Pour citer l’article

Guy MORÉCHAND, « MIAO ET YAO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/miao-et-yao/