MI FU [MI FOU] (1051-1107)

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Une ombrageuse indépendance

C'est dans un siècle prospère et brillant que s'est déroulée la carrière de Mi Fu (« Fu » est la prononciation correcte ; en Chine toutefois, une erreur de lecture consacrée par l'usage a imposé la prononciation « Fei » : celle-ci est également utilisée par de nombreux ouvrages occidentaux). Contemporain et ami de Su Dongpo, de Huang Tingjian, de Li Longmian, il fréquenta tous les personnages les plus influents de son époque ; son talent fut remarqué notamment par Wang Anshi. Il avait eu l'avantage de naître dans une famille de hauts fonctionnaires ; par sa mère qui avait appartenu à la suite de l'impératrice, il eut ses entrées à la cour. Comblé de tous les dons, il était animé d'une farouche volonté d'indépendance ; chez lui, le soin de cultiver l'intégrité originale de sa personnalité prima toujours toute autre considération, et ceci entrava fort sa carrière officielle. Il n'occupa jamais que des postes subalternes. Constamment déplacé, il servit dans les provinces méridionales : Guangdong, Guangxi, Hunan, Zhejiang, Anhui, Jiangsu, avec un intermède dans la capitale sous le règne de Huizong, dont il put voir les collections. Son comportement excentrique, son refus de toute compromission avec les « vulgarités mondaines » le rendaient radicalement inadaptable à la vie mandarinale. Il fut deux fois démis de ses fonctions, mais ses disgrâces n'eurent cependant jamais de conséquences graves : ses bizarreries mêmes le mettaient en marge du monde périlleux de la politique, et si elles lui interdisaient tout avancement, elles lui valaient du moins une sorte d'immunité.

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  • : reader, Department of Chinese, Australian National University

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Pierre RYCKMANS, « MI FU [MI FOU] (1051-1107) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mi-fu-mi-fou/