MÉTRIQUE

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Métrique syllabique simple : le vers français classique

L'expression Léandre le sot, qui peut, isolée ou placée dans un roman, être de la prose non rimée, est un vers, et rime, dans le sizain cité ci-dessus. Ce vers n'est donc pas plus vers en soi, que sa rime en -ot n'est rime en soi. De même que la qualité de rime de sot n'existe, ici, que par l'équivalence contextuelle des fins de lignes en sot et en saut, de même la qualité de vers de Léandre le sot n'est ici qu'une équivalence en nombre syllabique (nombre 5) avec la ligne suivante. Inséré au milieu de vers ayant tous 6 syllabes, ce même vers deviendrait faux. Ce qui est métrique n'est donc pas un vers, mais des vers, par équivalence mutuelle ; et ce qu'on appelle le mètre d'un vers consiste moins en la conformité de cette expression singulière avec une norme abstraite qu'en l'équivalence mutuelle en nombre syllabique de plusieurs expressions voisines.

Ce que les vers cités ici ont en commun est leur nombre syllabique, à savoir 5 (ou 2, pour les plus petits). Ils peuvent varier librement quant à d'autres aspects de leur rythme : c'est une caractéristique de la poésie littéraire française que le mètre y repose uniquement sur des équivalences en nombre syllabique, sans différence de statut métrique entre les différentes sortes de syllabes internes à la mesure, le découpage rythmique en cellules (parfois abusivement appelées « pieds ») et la disposition interne des accents restant « libres », c'est-à-dire indifférents au mètre. On peut appeler syllabique simple ce système dans lequel, à l'intérieur d'une mesure donnée, toutes les syllabes ont la même valeur métrique, comptant simplement pour 1 (le terme d'isosyllabique est parfois entendu en ce sens).

La différence entre les syllabes post-accentuelles à e « atone », dites féminines, comme la syllabe [tʁə] finale de traître si l'e est prononcé, et toutes les autres syllabes, dites masculines, n'intervient que dans la délimitation de la fin des mesures, en fonction de la loi prosodique suivante : en français, tant en prose qu'en vers, la fin d'une unité rythmique est [...]

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Benoît de CORNULIER, « MÉTRIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/metrique/