MES PROVINCIALES (J.-P. Civeyrac)

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L’auteur et ses personnages

Étienne (Andranic Manet) quitte Lyon et « monte » à Paris pour faire des études de cinéma. Il y rencontre Mathias (Corentin Fila) et Jean-Noël (Gonzague Van Bervesselès), avec lesquels il mettra à l’épreuve culture et amitié, mais aussi les petites amoureuses, pour reprendre le titre du film de Jean Eustache, qui feront son éducation sentimentale. Lucie (Diane Rouxel), Valentina (Jenna Thiam), Annabelle (Sophie Verbeeck), Barbara (Valentine Catzéflis) et Héloïse (Charlotte Van Bervesselès) l’amèneront à redéfinir ses idées sur l’amour et la fidélité. Assurant la transmission, Paul Rossi (Nicolas Bouchaud) est le professeur mentor et, repoussoir, William (Laurent Delbecque) représente l’étudiant qui a déjà fait le choix de pratiquer un cinéma commercial de qualité. Mais Civeyrac le dépeint sans méchanceté : comme dans La Règle du jeu de Jean Renoir, chacun a ses raisons.

Mes Provinciales, J. P. Civeyrac

Mes Provinciales, J. P. Civeyrac

Photographie

Dans la tradition du roman de formation, Jean-Paul Civeyrac raconte la « montée » à Paris d'Étienne, un jeune provincial. Pour ceux qu'il rencontre comme pour lui-même, l'art est vital. Mais quelle place accorder au réel ? C'est toute la question du film. Ici, Andranic Manet (Étienne). 

Crédits : Moby Dick Films/ BBQ_DFY/ Aurimages

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Mes Provinciales associe l’aspect autobiographique au récit générationnel qui marque tout passage à l’âge adulte. Jean-Paul Civeyrac a en effet connu la situation d’Étienne quand lui aussi a gagné la capitale pour préparer le concours de la Femis. Par la suite, il y a enseigné la réalisation dix ans (2000-2010) avant de devenir professeur à l’université Paris-VIII. Le film évite toute mélancolie ou surplomb moralisateur, car il fait vivre ces trois époques à des étudiants pour lesquels, trente ans après, le cinéma demeure une question existentielle. Ceux-là baignent dans un environnement culturel identique : ils lisent et voient ce que lui-même aimait dans les années 1980. Chacun s’en nourrit, en quête de soi et d’absolu, d’autant que citer dans ses œuvres « des films que l’on aime devient une attitude politique à une époque où la culture est dénigrée » (J.-P. Civeyrac, entretien avec Marcos Uzal, Libération, 17 avril 2018).

Outre la référence à Pascal, Mes Provinciales pointe ainsi le déracinement géographique et culturel de ces étudiants : « Nous vivions dans une époque étrange. C’ét [...]


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Écrit par :

  • : professeur honoraire d'histoire et esthétique du cinéma, département des arts du spectacle de l'université de Caen

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Pour citer l’article

René PRÉDAL, « MES PROVINCIALES (J.-P. Civeyrac) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mes-provinciales-j-p-civeyrac/