MÉLANCOLIE

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Mélancolie, E. Degas

Mélancolie, E. Degas
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La Mélancolie, L. Cranach l'Ancien

La Mélancolie, L. Cranach l'Ancien
Crédits : Musée d'Unterlinde, Colmar

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La persistance de la théorie des révulsions

« Pourquoi, s'interrogent les péripatéticiens au livre XXX des Problèmes attribués à Aristote, tous les hommes qui ont particulièrement brillé en philosophie, en politique, en poésie ou dans les arts sont-ils mélancoliques ? Et certains d'entre eux à tel point qu'ils ont souffert des troubles provenant de la bile noire, ainsi qu'on le dit d'Héraklès parmi les héros ? » Si les écrits hippocratiques attribuent clairement à la mélancolie une étiologie somatique et humorale par excès ou corruption d'humeur, réchauffement ou refroidissement de l'organisme, les disciples d'Aristote entrevoient déjà la possibilité d'une origine double, à la fois de l'âme et du corps, dans cette prédisposition des génies à cette maladie. Dans les deux cas, il va s'agir, du point de vue thérapeutique, de faire sortir cette humeur viciée, de la rappeler à l'extérieur du corps afin d'alléger le cerveau qu'elle avait envahi de ses vapeurs.

Si le recours à la volonté et à la conduite raisonnable du malade reste inopérant, on va donc employer des moyens pharmaceutiques et physiques destinés à purger le patient de ses excédents humoraux, soit à l'aide de révulsifs médicamenteux, soit grâce à des exercices corporels appelés au même effet. C'est ainsi qu'on peut suivre, dans l'Histoire du traitement de la mélancolie des origines à 1900 de J. Starobinski, toute la gamme des remèdes administrés aux malades qui, jusqu'à la seconde moitié du xviiie siècle avec Anne-Charles Lorry, tiennent aussi bien des qualités intrinsèques de la potion que d'une tradition magique encore puissante. Ce sont des préparations qui, laissées à l'initiative du prescripteur et de la tradition, tendent toutes à redonner aux malades leur dynamisme en cherchant à les alléger du poids des liquides conservés en trop grande profusion. La croyance aux bienfaits des révulsifs pour soulager les mélancoliques, selon J. Starobinski, a continué alors même qu'on semblait avoir définitivement révoqué la théorie humorale, ainsi que le confirme, par exemple, l [...]


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L'ANATOMIE DE LA MÉLANCOLIE, Robert Burton - Fiche de lecture

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Somme d'érudition, d'intelligence et d'humour, L'Anatomie de la mélancolie a prêté à Robert Burton (1577-1640) la réputation, plus artificieuse que justifiée, d'un Montaigne anglais. Leur démarche est, en fait, parallèle et distincte, en ce sens que l'un se nourrit de son expérience vécue pour tenter de vivre mieux et l'autre sollicite d'un savoir encyclopédique un enseignem […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-anatomie-de-la-melancolie/#i_4251

BURTON ROBERT (1577-1640)

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  • Pascal AQUIEN
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Né à Lindley, dans le comté de Leicester, le 8 février 1577, Burton fit ses études à Oxford où il obtint une licence de théologie en 1614. Il devint pasteur en 1616 et obtint des bénéfices ecclésiastiques dans le Lincolnshire et le Leicestershire de 1624 à 1631. Burton consacra sa vie au travail et à ses charges pastorales, et il mourut à Oxford le 25 janvier 1640. De son œuvre, on retiendra une c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-burton/#i_4251

COTARD SYNDROME DE

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  • Georges TORRIS
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Délire de négation, décrit par Cotard en 1880. Le malade, après avoir développé des préoccupations hypocondriaques et des troubles cénesthésiques, sent ses organes se putréfier et se détruire. Puis il en nie l'existence et étend enfin sa négation au monde extérieur et à sa propre existence. N'étant plus vivant, il ne saurait mourir, ce qui est vécu comme une damnation. Ce syndrome, qui mène à la p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/syndrome-de-cotard/#i_4251

DÉLIRE

  • Écrit par 
  • Gabriel DESHAIES
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Dans le chapitre « Les structures délirantes »  : […] Parler de structures délirantes ne veut pas dire qu'une espèce de forme sui generis habite ou parasite la personnalité, comme un ver le fruit. Cela signifie que la personnalité elle-même, en particulier le moi, se trouve submergée par une certaine dynamique affective, et elle tend à s'organiser ou à se réorganiser selon une structuration nouvelle, en l'occurrence délirante, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/delire/#i_4251

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Dans le chapitre « La dépression mélancolique »  : […] Dans la dépression mélancolique, la douleur morale est très vive, la dévalorisation et la culpabilité sont intenses. Ces sentiments sont parfois si pénibles qu'ils peuvent être à l'origine, d'une part, d'une déformation de la réalité et d'idées délirantes telles que l'auto-accusation (par exemple, on s'accuse d'un crime que l'on n'a pas commis), la négation (de sa propre existence, du monde envir […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/depressifs-depressions-nerveuses/#i_4251

DEUIL

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Dans le langage courant, le mot « deuil » renvoie à deux significations. Est appelé deuil l'état affectif douloureux provoqué par la mort d'un être aimé . Mais deuil signifie tout autant la période de douleurs et de chagrins qui suit cette disparition. Le deuil est donc constitutif d'une perte d'objet, au sens psychanalytique d'objet d'amour. Freud s'est intéressé dans son ouvrage […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/deuil/#i_4251

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Dans le chapitre « De l'identification imaginaire à l'identification symbolique »  : […] Aussi bien l'alternative ouverte au stade spéculaire se répétera-t-elle au niveau des premiers investissements d'objet, le concern de Locke y trouvant son équivalent dans le « souci » ( cura ) de saint Augustin. « La force de l'amour est telle, nous dit un passage célèbre du De Trinitate , que les objets en lesquels l'âme s'est lon […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/identification/#i_4251

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  • Maurice BAZOT
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Connue depuis l'Antiquité, la survenue chez un même sujet d'états de dépression et d'états d'excitation a inspiré au cours des siècles la veine descriptive et classificatoire des médecins et des psychiatres. En 1899, E. Kraepelin fait la synthèse des travaux consacrés à ce trouble de l'humeur : la psychose maniaco-dépressive est née. Il l'oppose à la démence précoce (bientôt dénommée schizophréni […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/psychose-maniaco-depressive/#i_4251

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Pour citer l’article

Marie-Claude LAMBOTTE, « MÉLANCOLIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/melancolie/