MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La promotion du générique en France

Depuis le plan Juppé et les ordonnances d'avril 1996, véritable acte de naissance de la politique des génériques en France, les gouvernements successifs n'ont pas ménagé leurs efforts pour développer le marché de ces médicaments à prix modiques, répliques des spécialités originales. En 1999, le ministère de la Santé octroyait aux pharmaciens le « droit de substitution » (Journal officiel du 12 juin 1999). Ce texte les autorisait à remplacer par un de leurs génériques les médicaments prescrits, en inscrivant sur l'ordonnance le nom du produit délivré. Les médecins gardaient toutefois la possibilité de s'opposer à la substitution en faisant figurer la mention « non substituable » pour chaque médicament. L'expérience prouve qu'ils n'ont fait qu'un usage exceptionnel de cette mention.

Suite logique du droit de substitution, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2002 a accordé pour la première fois aux médecins la possibilité de rédiger leurs ordonnances en désignant les médicaments par leur dénomination commune internationale (D.C.I.), c'est-à-dire par le nom du ou des principes actifs qui les composent, plutôt que par leur nom commercial. Un pas supplémentaire fut franchi le 5 juin 2002, lorsque l'assurance-maladie et le syndicat des médecins généralistes M.G. France sont convenus de faire de cette possibilité un devoir, sinon une obligation. Cet accord, qui faisait l'objet de l'avenant no 10 à la Convention nationale des médecins généralistes (signé le 14 juin 2002), précisait que le tarif de la consultation était porté de 18,5 à 20 euros, mais qu'en contrepartie les médecins s'engagaient à rédiger en moyenne 25 p. 100 de leurs prescriptions en D.C.I., dont la moitié sous forme de génériques.

Sans bouleversement spectaculaire, ces différentes mesures marquent une évolution dans les règles de prescription, puisque le médecin n'a plus l'entière maîtrise du médicament administré. Si lui seul décide quels principes actifs sont nécessaires au traitement, c'est au pharmacien qu'il revient de choisir le produit finalement délivré, selon une logique essentiellement financière. La décision de privilégier les produits génériques est en effet purement économique, tant pour le pharmacien, qui y est incité par des mesures spécifiques, que pour les pouvoirs publics, soucieux de tempérer l'inflation des dépenses de santé, et finalement pour le consommateur, s'il se prête au jeu. Ces médicaments sont vendus, en moyenne, 10 à 30 p. 100 moins cher que les spécialités originales, et l'assurance-maladie envisageait une économie de plusieurs centaines de millions d'euros par an, permettant d'effacer le surcoût lié à la revalorisation de la consultation des généralistes. Plusieurs pays s'étaient d'ailleurs déjà engagés dans cette voie, qui a comme autre avantage d'éloigner un peu les médecins des pressions du marketing pharmaceutique. Mais les génériques d'une même famille et le médicament princeps sont-ils réellement interchangeables ? Et qu'impliquent ces nouvelles règles de prescription sur le plan pratique, pour les médecins et pour les personnes traitées ?

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES  » est également traité dans :

MÉDICAMENTS

  • Écrit par 
  • Paul-Étienne BARRAL, 
  • Hélène MOYSE, 
  • Jean-Yves NAU, 
  • Michel PARIS, 
  • René Raymond PARIS
  • , Universalis
  •  • 9 750 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « De l'épreuve de force au partenariat »  : […] La situation créée dans la plupart des pays industrialisés dès la fin des années 1980 a joué pleinement en faveur des représentants des malades, au point que le monde associatif est aujourd'hui partenaire des prises de décision des autorités sanitaires. Son dynamisme et ses revendications n'ont pas, dans un premier temps, été en confrontation avec les intérêts des firmes pharmaceutiques. Il n'en […] Lire la suite

O.M.C. (Organisation mondiale du commerce)

  • Écrit par 
  • Marie-France BAUD-BABIC, 
  • Georges LABAKI
  • , Universalis
  •  • 6 194 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « De Seattle à Doha »  : […] Maintenue en dépit des attentats terroristes du 11 septembre contre les Twin Towers du World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington, la quatrième conférence ministérielle de l'OMC s'est tenue à Doha (Qatar) du 9 au 13 novembre 2001, et non pas à Singapour comme il en avait été question. L'administration américaine souhaitait le lancement d'un nouveau round à la fois pour des questio […] Lire la suite

SANTÉ - Santé dans le monde

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre ALMÉRAS, 
  • Jean-François NYS
  •  • 5 665 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Place des génériques »  : […] Une autre solution pour réduire le coût des dépenses pharmaceutiques dans les P.V.D. consiste à développer la commercialisation des médicaments génériques. N'ayant pas supporté les frais de recherche et de développement, le médicament générique, copie d'un médicament dont le brevet est tombé dans le domaine public, est vendu à un prix inférieur de 20 à 30 p. 100 par rapport à celui de la molécule […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

5-21 juin 2002 France. Revalorisation des honoraires médicaux

En contrepartie, les médecins promettent de prescrire davantage de médicaments génériques. Illustré par des grèves des gardes, des journées « santé morte » et des initiatives de déconventionnement, le conflit durait depuis novembre 2001. En mai, le nouveau ministre de la Santé, Jean-François Mattei, avait jugé « légitime » la revendication des médecins. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Chantal GUÉNIOT, « MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/medicaments-generiques/