MBAYA

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Indiens de l'Amérique du Sud qui habitaient dans le nord du Chaco et dans le sud du Mato Grosso, et dont la langue appartient à la famille guaicuru. Les seuls représentants actuels des Mbaya sont les Caduveo du Brésil (865 personnes dans les années 1990), qui sont progressivement assimilés à la population rurale.

Guerriers courageux, les Mbaya ont été l'une des rares tribus de l'Amérique du Sud à défier la domination espagnole. Il est évident que l'adoption du cheval, leur donnant une plus grande mobilité et accentuant le caractère guerrier de leur culture, les mit à égalité avec les Espagnols.

L'économie reposait sur la chasse, généralement collective, la pêche, la cueillette et l'agriculture. Cette dernière activité a été longtemps à la charge des Guana, leurs vassaux. Au xixe siècle, les Mbaya sont devenus eux-mêmes des fermiers, obligés par les Blancs d'adopter un mode de vie plus sédentaire.

L'un des aspects les plus remarquables de cette culture a été l'organisation de la société. Les Mbaya étaient divisés en sous-tribus, elles-mêmes subdivisées en bandes. Au xviiie siècle, l'adoption du cheval leur donna une grande supériorité sur les tribus voisines ; elle contribua à la stratification de la société, mais ne modifia pas la structure originale en sous-tribus et bandes. La société était composée d'une aristocratie formée d'une part par une noblesse de sang et d'autre part par une noblesse à laquelle le titre avait été conféré. La première était divisée en deux groupes : l'un comprenait les aînés d'un lignage noble et incluait les chefs de sous-tribus et des bandes les plus importantes. La seconde incluait les chefs de bandes plus petites et tous les descendants, hommes et femmes, des plus grands chefs. Leur position élevée ne donnait pas aux dirigeants le pouvoir absolu, et leurs décisions devaient être approuvées par un conseil composé par les autres chefs, les vieillards et les guerriers les plus valeureux. Ces derniers composaient une classe, moins nombreuse, qui pouvait transmettre ses privilèges.

Les Indiens Guana, fermiers pacifiques de langue arawak, étaient les serfs des Mbaya et cette soumission datait de l'époque précolombienne. Au xixe siècle, encouragés par le gouvernement brésilien, les Guana mirent fin à cette situation. Auparavant, chaque village guana était subordonné à une bande mbaya qui prenait une partie des récoltes et exigeait aussi d'autres services. En retour, les Guana étaient protégés des attaques d'autres Indiens. Après un long contact, ces deux groupes arrivèrent à une symbiose qui modifia, en partie, leurs cultures respectives. Les Mbaya apprirent des Guana à tisser le coton, à faire une poterie très raffinée et à donner une place plus importante à l'agriculture dans leur économie. Les Guana modifièrent leur structure sociale, adoptèrent le cheval et acquirent des qualités guerrières. À leur tour, ils eurent des esclaves.

Chez les Mbaya, les esclaves étaient des prisonniers de guerre, ou des descendants de ceux-ci (Guato, Guarani, Caingang, Bororo), ainsi que quelques métis du Paraguay. Ils avaient des obligations diverses : construction des huttes, soin des chevaux et parfois pêche et chasse. La possession de nombreux esclaves était un symbole de prestige et de haut rang.

Les Mbaya fabriquaient la vannerie ; et leur poterie, avec un décor très élaboré, a été l'une des plus remarquables du Chaco. Encore aujourd'hui, les Caduveo fabriquent une céramique de grande qualité. Les Mbaya ont été les seuls Indiens du Chaco à connaître la métallurgie, qu'ils apprirent des Espagnols.

Chez les Mbaya et encore actuellement chez les Caduveo, les peintures ornant le corps des hommes et des femmes, sont d'une grande complexité et varient selon la position sociale de l'individu. Les motifs géométriques ressemblent à ceux que l'on trouve dans la céramique.

Les chamans occupaient une place privilégiée dans la société et avaient pour mission de soigner les malades et d'écarter les catastrophes qui menaçaient la communauté.

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  • Simone DREYFUS-GAMELON, 
  • Romain GAIGNARD
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Dans le chapitre « La population indienne »  : […] Malgré cet environnement peu favorable, le Chaco n'était pas vide d'hommes aux temps précolombiens. De petites bandes nomades savaient tirer parti de ressources plus importantes qu'il ne paraît : le poisson est abondant aux périodes de crue, la faune nombreuse dans la brousse, et la végétation sauvage offre de grandes variétés de fruits, gousses, racines et céréales comestibles. Une agriculture r […] Lire la suite

Pour citer l’article

Susana MONZON, « MBAYA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mbaya/