MAXIMES, PENSÉES, CARACTÈRES ET ANECDOTES, ChamfortFiche de lecture

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Un livre qui n'en est pas un

Ce recueil, sans cesse réédité depuis 1795, correspond plus ou moins à un projet de Chamfort. Guinguéné trouva dans un carton des papiers qu'il y jetait pêle-mêle. Le carton portait un titre, Produits de la civilisation perfectionnée, et un plan : première partie, « Maximes et pensées » ; deuxième partie, « Caractères » ; troisième partie, « Anecdotes ». Le titre pourrait être de Voltaire : celui-ci a mis à la mode le mot « civilisation » et, malgré les errances de l'humanité, il croit au progrès de l'esprit et des mœurs, et se fait le chantre de la société et du luxe. Pourtant, cette référence ne résiste pas à la lecture. Le titre est ironique. Contre Voltaire, Chamfort choisit Rousseau. Comme l'affirme le Contrat social, il croit l'homme naturellement libre, mais aliéné par la société. « La société n'est pas comme on le croit d'ordinaire, le développement de la nature, mais bien sa décomposition et sa refonte entière. Les fléaux physiques et les calamités de la nature humaine ont rendu la société nécessaire. La société a ajouté aux malheurs de la nature. » La société corrompt l'homme, mais celui-ci ne peut vivre sans elle. La corruption sociale ou la solitude et la mort, voilà le choix. La société est entrée en déclin. Il faut se résigner à cette conscience amère de ce que sont l'homme et son destin.

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Écrit par :

  • : professeur émérite de l'université de Tours, Institut universitaire de France

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Pour citer l’article

Jean Marie GOULEMOT, « MAXIMES, PENSÉES, CARACTÈRES ET ANECDOTES, Chamfort - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maximes-pensees-caracteres-et-anecdotes/