GORKI MAXIME (1868-1936)

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Les premières empreintes

Alexis Maximovitch Pechkov, le futur Maxime Gorki, est né en 1868 à Nijni-Novgorod (rebaptisé Gorki de 1932 à 1990). En 1871, le choléra emporte son père, artisan ébéniste devenu directeur du bureau d'une compagnie de navigation à vapeur à Astrakhan. Avec sa mère qui mourra de phtisie en 1879, l'enfant est recueilli par son grand-père maternel, doyen de la corporation des teinturiers de Nijni-Novgorod et despote familial bientôt ruiné. En 1913, Gorki évoquera dans Enfance le premier volume de sa trilogie autobiographique, les « empreintes » qui le marquèrent à jamais et ancrèrent en lui la volonté d'« ennoblir l'homme ». Dès 1878, après deux ans d'école primaire, l'enfant doit gagner seul sa vie : il est chiffonnier, commis, plongeur, apprenti peintre d'icônes, figurant... (En gagnant mon pain, 1916). En 1884, il part pour Kazan, où, en guise d'« universités », il travaille comme portefaix, choriste, mitron, et fréquente des clochards et des cercles clandestins d'étudiants qui l'initient aux débats sur le populisme (socialisme paysan) et le marxisme (Mes Universités, 1923). Après une tentative de suicide, qui lui laissera toute sa vie des poumons malades, et qui fut provoquée à la fois par le désaccord entre le rêve et la réalité et par un amour malheureux, Gorki décide en 1888, avec un ami, Mikhail Romas, de mettre ses idées populistes au service des paysans : mais la boutique qui leur servait de base est incendiée, et l'écrivain en retire une haine durable de la paysannerie (Sur le paysan russe, 1922), qui lui fera approuver le « bouleversement géologique » de la collectivisation forcée, en 1929-1933.

Commencent alors des années de pérégrination à travers la Russie méridionale et le Caucase, pour « comprendre le peuple ». Ces deux périodes (1888-1889 et 1891-1892) sont entrecoupées par un séjour à Nijni-Novgorod : Gorki y fait la connaissance de l'écrivain populiste Korolenko, qui le guidera. Il se met en ménage avec une sage-femme et sa fille (Le Premier Amour, 1923, évoque ce moment de sa vi [...]

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Écrit par :

  • : professeur de langues et littératures slaves à l'université de Caen

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Pour citer l’article

Michel NIQUEUX, « GORKI MAXIME - (1868-1936) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/maxime-gorki/