WEBER MAX (1864-1920)

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La théorie des sciences humaines

Toute science constitue un point de vue cohérent de recherche portant sur une réalité qui est la même pour toutes les sciences. Cette réalité est infinie à la fois en intensité et en extensivité, de sorte qu'aucune discipline n'est une connaissance totale du réel. Toutes abordent le réel au moyen de concepts abstraits qui sont plus ou moins adéquats, suivant qu'ils ont été plus ou moins rigoureusement élaborés. De toute façon il y a un hiatus insurmontable entre le concept et le réel. Étant donné que chaque science est un point de vue, elle comporte, outre les présuppositions générales valables pour la science en général, des présuppositions qui lui sont particulières. Ce qui est exclu, c'est une science sans présuppositions. La différence entre les sciences exactes et les sciences humaines n'est donc pas de nature : elle tient au fait que les unes font intervenir des présuppositions particulières dont les autres peuvent se passer. Suivant la nature du problème, elles peuvent utiliser indistinctement n'importe quelle méthode, car en ce domaine il n'y a ni exclusivité ni orthodoxie. Les présuppositions particulières aux sciences humaines ont leur source dans le fait qu'elles n'étudient pas seulement l'aspect inerte de la réalité, mais aussi les relations et les institutions que l'activité tisse entre les hommes. Elles ne peuvent donc éviter l'intrusion des valeurs.

Outre les règles générales que doit observer toute science, la démarche propre aux sciences humaines se caractérise en plus par les particularités suivantes.

1. Les concepts qu'elles utilisent ne sont pas seulement de nature générique, mais encore typique. En effet, elles ne cherchent pas uniquement à découvrir des relations générales et uniformes, mais encore à saisir les phénomènes dans leur singularité historique. Pour donner une rigueur aussi univoque que possible à ces concepts, Weber a cru nécessa [...]


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  • : professeur émérite à l'université des sciences humaines de Strasbourg.

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Pour citer l’article

Julien FREUND, « WEBER MAX - (1864-1920) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/max-weber/