STIRNER MAX (1806-1856)

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Critique de l'idéalisme

L'histoire de l'humanité se divise pour Stirner en trois périodes successives : le réalisme, l'idéalisme et l'égoïsme. Le centre de gravité de cette triade dialectique se situe autour de la négation, représentée par le deuxième moment. Stirner s'efforce de faire basculer vers l'égoïsme l'idéalisme, qui, avec l'Essence du christianisme (1841) de Feuerbach, vient d'atteindre sa limite extrême. Contre la suprématie de l'Esprit marqué du sceau de la transcendance, il élève sur le pavois « mon esprit » qui vit dans un monde concret.

« La différence, précise Stirner, réside en ce que tu (c'est-à-dire toi qui crois en l'Esprit) rapportes tout à l'Esprit, alors que lui (c'est-à-dire l'égoïste) rapporte tout à lui-même ; en d'autres termes : tu scindes ton Moi et ériges ton Moi proprement dit, l'Esprit, en maître souverain du reste moins important, tandis que lui ne veut rien savoir d'une telle scission et qu'il poursuit à son gré ses intérêts tant spirituels que matériels. »

Dans cette lutte contre l'idéalisme, Stirner porte les coups les plus sévères à l'humanisme athée de Feuerbach. En soulignant le caractère humain de l'essence divine, ce dernier croit bannir à tout jamais toute transcendance. Mais ce courant horizontaliste n'est, en réalité, qu'une nouvelle perspective théologique. Feuerbach « nous scinde en un moi essentiel et un moi inessentiel » et « donne le genre, l'homme, une abstraction, une idée, pour notre être véritable, à la différence du Moi individuel et réel qu'il tient pour inessentiel ». La situation du Moi demeure donc fondamentalement la même ; si Dieu n'écrase plus l'homme, c'est dorénavant l'espèce qui lui dicte ses lois.


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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-X-Nanterre

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Pour citer l’article

Henri ARVON, « STIRNER MAX - (1806-1856) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/max-stirner/