SCÈVE MAURICE (1500 env.-env.1560)

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Le cycle de la « Délie »

La Délie est le premier cycle amoureux de la Renaissance française. On trouve, certes, chez Marot et chez des poètes néo-latins tels que Salmon Macrin, Nicolas Bourbon et Jean Visagier comme l'ébauche du genre, et Jean de Boysonné a composé un cycle de poésies amoureuses, mais la date de cet ouvrage n'a pu être précisée ; en outre, il est resté manuscrit pendant très longtemps. C'est Scève qui, à l'instar de Pétrarque et de ses émules, a créé un ouvrage capable de rivaliser avec les poètes de la péninsule. On suppose que ce cycle reflète une expérience personnelle de l'auteur qui a fini par être assimilée, apprivoisée, fixée à tout jamais par la parole : le nom de Pernette du Guillet a été prononcé dans ce contexte, et d'autres hypothèses ont été avancées.

Le nom de Délie aide le lecteur à préciser quelques-uns des leitmotive du cycle : Délie évoque Diane et par contrecoup son frère Apollon, et, effectivement, nous retrouvons une série de thèmes antithétiques : absence/présence, lune/soleil, ombre/lumière, santé/maladie, et ainsi de suite ; en même temps, le cycle s'apparente au modèle pétrarquéen, en introduisant des thèmes comme la crainte, la solitude, la jalousie, le cadre de la nature et de la région, l'emploi de la mythologie classique. Mais Scève est loin de faire figure d'imitateur servile ou de suivre une série de poncifs ; il intègre tous ces éléments à l'expression d'une expérience intensément personnelle, et, à la fin du cycle, on sent qu'il parvient à situer son amour dans la perspective de son existence tout entière. Quant au néo-platonisme, il est moins omniprésent dans la Délie que dans d'autres cycles pétrarquéens, quoique Scève ait exploité avec fruit plus d'un thème platonicien. Il affirme son indépendance de diverses façons : tout d'abord, il n'a pas cherché à imiter les poètes de la tradition en leur empruntant trop de détails ou d'échos précis ; même les poètes latins qu'il connaissait à fond ont l [...]

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Ian Dalrymple McFARLANE, « SCÈVE MAURICE (1500 env.-env.1560) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-sceve/