MAETERLINCK MAURICE (1862-1949)

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Né à Gand, Maurice Maeterlinck fit au célèbre collège Sainte-Barbe ces études de droit qui semblent bien avoir été pour cette génération de poètes un paravent à l'abri duquel l'aigle de la poésie grandissait en silence. Dès 1889, Maeterlinck publie ces Serres chaudes qui ne trouvent au départ que vingt lecteurs, mais dont Apollinaire saluera plus tard le modernisme, et qui demeure le maître-livre du symbolisme. Jusqu'alors, le symbolisme avait été – plus peut-être par la faute de l'esthétisme d'une époque que par la volonté des poètes – le grand rendez-vous des ornementations et des déguisements. Avec les Serres chaudes, le doute n'est plus permis : l'âme pénètre dans les décors maniéristes du temps, s'y inquiète et se libère par un chant d'une discrétion lancinante. Un peu plus de silence encore, et le mystique eût ici dominé le poète. Est-ce pour rompre cette angoisse, où la poésie le menait, que Maeterlinck se livra alors à la grande fête théâtrale de La Princesse Maleine (1889), de Pelléas (1892) et de L'Oiseau bleu (1909) ? Il y fut entraîné par l'article dithyrambique de Mirbeau, par la rencontre de Georgette Leblanc et, cela va de soi, par un désir très naturel d'ouvrir sur soi-même les fenêtres. Mais au sein même de ces aventures extérieures et parfois de cette féérie, l'inquiétude natale le poursuit. Trop pur pour y renoncer, trop humble aussi pour songer un instant à tricher avec elle, il l'affronte. On peut dire que toute son œuvre est l'immense attente de Dieu. Plus tard, lorsqu'il se penchera sur ces vies infiniment petites que sont les abeilles, les fleurs, les termites et les fourmis, ce sera moins en philosophe qu'en chercheur. Dans l'infiniment petit, il cherche l'infiniment grand. Il meurt à Orlamonde.

Il est extrêmement périlleux de s'aventurer à l'intérieur d'une âme. Et Maeterlinck, en dépit des honneurs – il devait recevoir le prix Nobel en 1911 et être anobli en 1932 –, est tout e [...]


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Pour citer l’article

Gérard PRÉVOT, « MAETERLINCK MAURICE - (1862-1949) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-maeterlinck/