MASANOBU KANŌ (1434-1530)

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Le fondateur d'une lignée

Depuis l'époque Kamakura, les monastères zen avaient été les grands centres de création de la peinture à l'encre (suibokuga), technique nouvelle venue de Chine. Les œuvres des maîtres Song et Yuan inspiraient les moines qui peignaient des kakemono (rouleaux en hauteur à la mode chinoise). Au début du xve siècle, Shūbun puis son élève Oguri Sōtan (1413-1481), peintres officiels des shōgun (gōyō eshi), transposèrent les thèmes chinois (paysages et peintures de fleurs et d'oiseaux) sur les grandes surfaces des paravents et des portes à glissière des résidences seigneuriales. Mais les compositions moins denses ont tendance à perdre leur profondeur ; une fois de plus, la peinture chinoise commence à se japoniser. Kanō Masanobu semble avoir accentué cette tendance dans un art plus extérieur et plus décoratif.

On sait fort peu de choses sur ce fondateur d'une lignée qui devait, jusqu'en 1868, se maintenir au sommet de la peinture officielle. Dans les Honchō gashi, rédigés à la fin du xviie siècle par Kanō Einō, fils de Sansetsu, la biographie de Masanobu reste sommaire. Né en 1434 dans une famille guerrière de Kanō, dans la péninsule d'Izu, il aurait été initié à la peinture à l'encre (kanga) par son père Kanenobu. On peut supposer que ce dernier avait connu les artistes de l'école de Kamakura où, dès le xiiie siècle, avaient été apportées de nombreuses œuvres chinoises de l'époque Song ainsi que le prouve le Butsu-nichi-an komotsu mokuroku, catalogue des trésors déposés au monastère zen de l'Enkakuji par Hōjō Yokimune (1251-1284).

Bien que disciple de la secte de Nichiren à laquelle ses descendants devaient rester fidèles, Masanobu fut accueilli, vers le milieu du xve siècle, au Shōkoku-ji de Kyōtō, monastère zen fondé en 1282 par Ashikaga Yoshimitsu, qui jouissait de la faveur des shōgun. De nombreux moines-peintres s'y étaient formés, parmi lesquels Jōsetsu, Shūbun et Oguri Sōtan.

Masanobu semble avoir obtenu la protection de Kikei, abbé du Unchō-in (dépendance du Shōkoku-ji) qui avait la charge de tenir le registre des allées et venues des moine [...]

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Écrit par :

  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

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Dans le chapitre « Apparition du suiboku »  : […] L'introduction du Zen (le Chan chinois) fit connaître la calligraphie des Song qui, très virile, se répandit parmi les moines, puis parmi les guerriers. Mais c'est la peinture monochrome des Song et des Yuan qui devait exercer sur les Japonais une véritable fascination. Le lavis ( suiboku ) permettait de modeler les formes, au moyen de touches et de taches, et de suggérer, grâce à l'encre plus ou […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Madeleine PAUL-DAVID, « MASANOBU KANŌ (1434-1530) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/masanobu/