NAVRATILOVA MARTINA (1956- )

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Un caractère forgé dans la douleur

Martina Subertova naît le 18 octobre 1956 à Prague. Pour devenir un champion ou une championne de haut niveau, il est nécessaire d'avoir du « caractère », dit-on. Souvent, ce caractère se forge dans l'enfance et ses douleurs. Les premières années de la vie de Martina ressemblent à un roman noir. Cette petite fille disgracieuse est âgée de trois ans quand ses parents divorcent ; puis son père disparaît. Comme un symbole de sa quête d'identité future, elle doit changer de nom lorsque sa mère épouse Mirek Navratil, l'entraîneur du club de tennis de Revnice. Mais ce beau-père va la sauver de la neurasthénie qui lui semblait promise en lui donnant le goût du tennis et en lui rabâchant qu'un jour elle gagnerait le tournoi de Wimbledon. À neuf ans, elle est admise au sein du club Klamovka de Prague. Dotée de moyens ordinaires – « je n'avais rien d'extraordinaire, si ce n'est la taille de mes pieds », s'amusera-t-elle à déclarer –, elle travaille durement, malgré les quolibets que lui vaut son allure de garçon manqué. En 1972, elle bat une vedette locale de l'époque : la voici prête pour le circuit international.

Lassée de la dure condition que la Fédération tchécoslovaque de tennis fait à ses champions – Martina ne reçoit qu'une allocation quotidienne de 12 dollars –, elle prend à dix-huit ans la douloureuse décision de s'exiler. Elle part pour les États-Unis, mais sa famille, qui envisage un moment de demander l'asile politique, ne la suit pas. Pendant quatre ans, elle ne voit pas sa mère ; elle n'apprend le décès de sa grand-mère que deux mois après la mort de cette femme aimée, chez qui elle logeait une partie de la semaine lorsque qu'elle s'entraînait à Prague. Ces mutilations affectives la traumatisent : elle délaisse l'entraînement, prend plusieurs kilos, son émotivité lui fait perdre de nombreux matchs. Elle ne parvient pas à assumer son homosexualité : elle vit d'abord un amour tumultueux avec Rita Mae Brown, un auteur féministe lesbien, puis la quitte pour une célèbre joueuse de basket-ball, Nancy Lieberman. Poursuivie par les paparazzis, elle doit nier son homosexualité : aux États-Unis, les autorités peuvent refuser un visa – et à plus forte raison une naturalisation – pour lesbianisme. La naturalisation tant attendue vient finalement le 21 juillet 1981. La jeune femme va enfin pouvoir s'épanouir, et la tenniswoman donner sa pleine mesure.

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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TENNIS - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Pierre LAGRUE
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2 juillet 1874 Walter Clopton Wingfield obtient un brevet pour « un court transportable et perfectionné permettant de jouer à l'ancien jeu de tennis » et crée le sphéristique ou lawn-tennis (tennis sur gazon). Wingfield est ainsi tenu comme le précurseur du tennis actuel. 1877 Première édition du tournoi de Wimbledon. 8-9 août 1900 Première Coupe Davis. 1 er  mars 1913 Fondation de la Fédérat […] Lire la suite

Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « NAVRATILOVA MARTINA (1956- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/martina-navratilova/