BRANDO MARLON (1924-2004)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un élève de l'Actor's Studio

Le triomphe de la pièce Un tramway nommé Désir, en 1947, consacre l'avènement du dramaturge Tennessee Williams, confirme le metteur en scène Elia Kazan et fait de Marlon Brando une légende et un porte-drapeau : il y est à jamais Stanley Kowalski, brute épaisse étrangement séduisante en tee-shirt blanc couvert de sueur, qui trouble et terrorise à la fois la fragile et vieillissante Blanche Dubois (interprétée par Jessica Tandy puis Vivien Leigh). Il y impose avec éclat un jeu physique, convulsif, anticonventionnel, mais cependant réaliste, étrangement poétique en même temps que naturaliste, un jeu qui réunit tous les contrastes, tantôt sobre et tantôt flamboyant. Il va influencer la formation de l'acteur pour les décennies à venir : il est l'exemple le plus imposant de la méthode de formation, inspirée des idées de Konstantin Stanislawski et divulguée par Lee Strasberg à l'Actor's Studio.

En 1950, le réalisateur Fred Zinnemann, dont Les Anges marqués (The Search, 1948) interprété par Montgomery Clift vient de remporter un énorme succès, consacre cette nouvelle façon de jouer en faisant appel à lui pour C'étaient des hommes (The Men), où Marlon Brando compose le portrait à la fois saisissant et sensible d'un jeune militaire que la guerre a rendu paraplégique. Mais la gloire n'arrive que l'année suivante, avec Un tramway nommé Désir (A Streetcar Named Desire, 1951), porté à l'écran par Elia Kazan, où l'interprétation de Brando, violente, érotique, exacerbée par une caméra qui colle jusqu'à l'épiderme de l'acteur, provoque la même sensation qu'à la scène, mais cette fois à l'échelle universelle. Quelques années plus tôt, le personnage aurait été un « méchant » sans nuance : Brando, avec son tee-shirt savamment déchiré, fait de lui une icône érotique masculine inédite. Emblème d'une génération entière (il touche un pu [...]


Médias de l’article

Sur les quais, E. Kazan

Sur les quais, E. Kazan
Crédits : Hulton Getty

photographie

L'Équipée sauvage de Laslo Benedek

L'Équipée sauvage de Laslo Benedek
Crédits : Hulton Getty

photographie

Le Parrain, F. F. Coppola

Le Parrain, F. F. Coppola
Crédits : Jack Stager/ Paramount Pictures/ Album/ AKG-images

photographie

Apocalypse Now, de F. F. Coppola, 1979 : M. Brando et M. Sheen

Apocalypse Now, de F. F. Coppola, 1979 : M. Brando et M. Sheen
Crédits : Hulton Getty

photographie



1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : historien du cinéma, maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, rédacteur à la revue Positif

Classification


Autres références

«  BRANDO MARLON (1924-2004)  » est également traité dans :

COPPOLA FRANCIS FORD

  • Écrit par 
  • Michel CIEUTAT
  •  • 2 126 mots
  •  • 2 médias

De toute la génération qui a donné naissance au « nouveau cinéma américain » des années 1970, Francis Ford Coppola est celui dont les ambitions artistiques ont été les plus hautes, mais aussi, sans doute, les plus démesurées, et les plus abouties. En effet, plus de quatre décennies après ses débuts, il demeure aux yeux de sa génération comme de la nouvelle le cinéaste qui a le plus œuvré en fave […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francis-ford-coppola/#i_90931

KAZAN ELIA (1909-2003)

  • Écrit par 
  • Christophe MERCIER
  •  • 2 795 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'héritier de la « méthode » »  : […] 1946 marque un tournant dans sa carrière : cette année-là, il fonde l'«  Actor's Studio », école où sont enseignées les thèses de Stanislavski, et pépinière d'acteurs pour le cinéma des années cinquante (Montgomery Clift, Marlon Brando, James Dean, Karl Malden, Antony Quinn, Paul Newman, Warren Beatty y ont été formés) ; en outre, il réalise pour la Fox son premier long métrage, Le Lys de Brookly […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/elia-kazan/#i_90931

UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR, film de Elia Kazan

  • Écrit par 
  • Laurent JULLIER
  •  • 907 mots

Dans le chapitre « Regards perdus et t-shirts mouillés »  : […] Lorsqu'au début du film elle descend du train, un peu hagarde au beau milieu d'un essaim de jeunes mariées en robes blanches qui s'égaient au milieu des volutes de vapeur, Vivien Leigh semble incarner le produit exact de ses deux plus grands rôles au cinéma, Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent (Victor Fleming, 1939) et Myra Lester dans La Valse dans l'ombre ( Waterloo Bridge , de Mer […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/un-tramway-nomme-desir/#i_90931

Voir aussi

Pour citer l’article

Christian VIVIANI, « BRANDO MARLON - (1924-2004) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/marlon-brando/