RAETZ MARKUS (1941- )

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Les anamorphoses

L’anamorphose est un jeu optique de métamorphoses, une vision oblique des formes perturbées et retrouvées. Dans les années 1980, Markus Raetz crée des anamorphoses monumentales et tridimensionnelles. Dans le parc Merian de Bâle, se trouvent dix-sept éléments de pierre dans un pré, qui semblent dispersés « comme au hasard »; les uns sont posés au sol, les autres plantés perpendiculairement. En s’éloignant de ces éléments simples et géométriques, le spectateur découvre, à partir d’un point de vue précis, un visage dessiné par ces blocs de pierre (Kopf, 1984).

La sculpture en fonte Métamorphose II (1991-1992) présente, d’un côté, la silhouette de l’artiste Joseph Beuys chapeauté, et, de l’autre, le lièvre qui serait le totem de Beuys. En hommage à Magritte, Raetz donne à voir une pipe qui devient une fumée, Nichtrauchen (1990). Par l’anamorphose, le léger devient dense et le massif se change en un presque rien. La chose et le néant jouent à cache-cache. Avec Crossing (2002), Raetz sculpte en fonte des lettres de grandes dimensions, posées sur un socle massif figurant d’un côté le mot YES, et de l’autre NO. L’affirmatif et le négatif s’accouplent.

Markus Raetz crée Moulin sans tête (Kopflose Mühle, 1993-2003), un moulin à cylindres (aluminium, moteur électrique, spot) qui propose par intermittence des profils et des faces d’une tête pivotante.

Les œuvres de Markus Raetz sont des méditations joyeuses. La série de sept paysages intitulée NO W HERE (1991) signifie simultanément «l’ici et le maintenant» (now-here) et le «nulle part» (no where) d’un pays rêvé. Sur une surface grainée, l’artiste emploie le pinceau trempé d’eau-forte; puis, les morsures de l’acide impriment des traces qui évoquent l’illusion d’un paysage : une côte, ou bien la montagne, ou encore un champ avec des meules.

Depuis les années 1970, l’artiste se passionne pour la topologie, cette branche des mathématiques concernant l’étude des déformations spatiales. Sur ses carnets à dessin, il la considère comme une « mathématique molle » (weiche Mathem [...]


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Écrit par :

  • : professeur émérite de philosophie de l'art à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, critique d'art, écrivain

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Pour citer l’article

Gilbert LASCAULT, « RAETZ MARKUS (1941- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/markus-raetz/