RAETZ MARKUS (1941- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Traits nomades et lignes serpentines

Dans l’atelier bernois de Markus Raetz, branchettes d’arbres, miroirs, dessins, feuilles d’eucalyptus, cartons, tôles découpées sont suspendues au plafond ou accrochées sur les murs. Les rayons du soleil sur ces objets légers forment des ombres sur les murs de l’atelier. L’artiste suggère un minuscule théâtre d’ombres indécises. Il aime l’impondérable quand onze feuilles d’eucalyptus épinglées au mur forment des visages (1982). Il emploie également des matériaux plus denses : le basalte, la fonte et le bronze. Certains moteurs calmes évoquent des têtes qui tournent et la danse des hanches d’une femme sculptée.

Chaque jour, Markus Raetz trace des traits nomades, des formes, des profils et des silhouettes. Il explore la surface avec le dessin, l’aquarelle, la gravure, ou bien la troisième dimension de la sculpture. La tension de ses traits est maîtrisée, puis libérée. Il pratique l’art des écarts et des contours. Ces traits sont des signes, des pictogrammes, des hiéroglyphes sans message.

Raetz emploie souvent la gravure. De 1969 à 1973, il vit à Amsterdam où, à l’académie Rietveld, il pratique l’eau-forte. Il publie quinze planches (des boules étranges, une ombre chinoise sarcastique, etc.) sous le titre Rietveld Mappe (1970).

À Paris, à la Maison européenne de la photographie (2002), Raetz propose des installations légères et ludiques de ses photographies.

Markus Raetz choisit souvent des lignes serpentines, qui évoquent celles des corps sensuels, des vagues, des nuages, des étreintes amoureuses, des boucles de cheveux, des serpents, des rubans qui s’enroulent… Son œuvre fait souvent référence aux artistes qui l’inspirent : William Hogarth, Diderot, Laurence Sterne, Baudelaire, Matisse. Dans L’Analyse de la beauté (1753), le peintre Hogarth admire la ligne serpentine qui serait « la ligne de la grâce », contre la droite, contre la symétrie, contre les jardins français. Dans le Salon de 1765, Diderot remarque que « la ligne ondoyante est le symbol [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : professeur émérite de philosophie de l'art à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, critique d'art, écrivain

Pour citer l’article

Gilbert LASCAULT, « RAETZ MARKUS (1941- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/markus-raetz/