DURAS MARGUERITE (1914-1996)

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Marguerite Duras

Marguerite Duras
Crédits : Hulton Getty

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Hiroshima mon amour, d'A. Resnais, 1959 : E. Riva et Eiji Okada

Hiroshima mon amour, d'A. Resnais, 1959 : E. Riva et Eiji Okada
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Du roman aux zones limites

Marguerite Donnadieu est née le 4 avril 1914 à Gia Dinh, agglomération au nord de Saigon, dans une famille de petits fonctionnaires français. Le pseudonyme de Duras lui vient d'une commune du sud-ouest de la France, lieu d'origine de la famille paternelle. Son père meurt en 1918, et sa mère, institutrice, reste seule avec Marguerite et ses deux frères plus âgés : le « grand frère » – l'ennemi, le dépravé – et le « petit frère », celui dont elle partage tous les jeux. La mère achète une concession à Vinh Long sur les bords du Mékong. Or sa propriété se révèle incultivable, envahie régulièrement par la mer, malgré le barrage qu'elle tente d'ériger contre le Pacifique. La mère, proche de la folie, manifeste une vraie préférence pour le frère aîné qui, longtemps après, finira de la dépouiller. À l'âge de douze ans, Marguerite connaît une crise très grave avant son départ pour le pensionnat de Saigon. Elle y est fascinée par la beauté et l'histoire d'une femme de la colonie européenne, Elizabeth Striedter, qui deviendra dans son œuvre Anne-Marie Stretter. Elle y rencontre celui qui sera l'amant chinois.

Son retour en France en 1932 est définitif : jamais elle ne reviendra dans ces colonies des deltas d'Extrême-Orient. Après son baccalauréat de philosophie, elle fait des études supérieures et épouse Robert Antelme en 1939. Ils habitent rue Saint-Benoît dans un appartement que Marguerite Duras ne quittera jamais. Leur absence totale de conscience politique est manifeste lorsque Marguerite collabore au livre de Philippe Roques, L'Empire français, aux résonances colonialistes. Par contre, son premier roman, La Famille Taneran, est refusé par Gallimard. Les années 1942-1943 sont un tournant essentiel : elle perd à la naissance son premier enfant. Elle apprend, peu après, la mort du « petit frère » pendant la guerre sino-japonaise, et sa douleur est terrible. Elle rencontre Dionys Mascolo et décide de vivre avec lui, ce qui n'entrave pas l'amitié très forte de celui-ci avec Robert Antelme : dans l'œuvre [...]


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Pour citer l’article

Aliette ARMEL, « DURAS MARGUERITE - (1914-1996) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/marguerite-duras/