CARNÉ MARCEL (1909-1996)

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Deux mythes cinématographiques

Deux chefs-d'œuvre encadrent la période de la guerre. Le premier, Le jour se lève (1939), verra son importance minimisée en regard des préoccupations du moment ; le second, Les Enfants du paradis, commencé sous l'Occupation et sorti en mars 1945, sera le film du triomphe sur l'adversité, entretenant l'illusion d'une continuité du cinéma français au-delà des tourments de l'histoire : étrangement, la pérennité des mythes accompagnant la perte de l'innocence est le thème sous-jacent du film, qui met en scène des personnages célèbres (Jean-Louis Barrault en Deburau, Pierre Brasseur en Frédérick Lemaître, Marcel Herrand en Lacenaire...) piégés dans l'entrelacs de la fiction prévertienne (les femmes : Arletty, Maria Casarès ; le Destin : Pierre Renoir, Gaston Modot...).

Les Enfants du paradis

Les Enfants du paradis

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Les Enfants du paradis est peut-être le film le plus célèbre du couple Carné-Prévert. Cette fresque de près de trois heures, commencée sous l'Occupation et achevée en mars 1945, marque l'apogée du réalisme poétique au cinéma. 

Crédits : AKG

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Les Enfants du paradis, M. Carné

Les Enfants du paradis, M. Carné

Photographie

Le film Les Enfants du paradis (1945) de Marcel Carné occupe une place centrale dans la mythologie du cinéma français, sans doute parce qu'il met en évidence le lien qui existe entre septième art et naissance du spectacle moderne, à travers des formes telles que le mélodrame ou le mime.... 

Crédits : Pathé/ Album/ AKG-images

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Le jour se lève s'impose avec les ans comme la réussite la plus parfaite de Marcel Carné. Le récit par retours en arrière imaginé par Jacques Viot charpente admirablement la trame criminelle, que Carné mène à son terme inexorable avec netteté et rigueur, grâce à l'aide, encore une fois, d'une distribution inouïe (Jean Gabin, Arletty, Jules Berry, Jacqueline Laurent, et dix petits rôles). Le fameux dernier plan du film est presque un manifeste de la mise en scène selon Carné, dans sa dialectique du réel et de l'illusion : le héros étant mort, aussi inerte que ses meubles, la grenade lacrymogène qu'on lui envoie n'a de fonction que poétique, celle de matérialiser la lumière de l'aube qui donne son titre au film, tandis que le réveille-matin signe ironiquement la fin d'un compte à rebours.

Force est de constater que le Carné d'après 1946 ne se hissera jamais à ces sommets, malgré de belles fulgurances et une maîtrise technique, en particulier dans la photo et la direction d'acteurs, qui ne le quittera vraiment qu'à la fin des années 1950. Il continuera d'alterner, avec une touchante fidélité à ses débuts, les sujets sociaux et les fables imaginaires (de l'ambitieux Juliette, ou la Clef des songes, 1951, avec Gérard Philipe, à l'anodin Le Pays d'où je viens, 1956, avec Gilbert Béc [...]


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Les Visiteurs du soir, M. Carné

Les Visiteurs du soir, M. Carné
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Les Enfants du paradis

Les Enfants du paradis
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Les Enfants du paradis, M. Carné

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  • : membre du comité de rédaction de la revue Positif, critique et producteur de films

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Pour citer l’article

N.T. BINH, « CARNÉ MARCEL - (1909-1996) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/marcel-carne/