CHARPENTIER MARC ANTOINE (1643-1704)

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Un grand musicien, malgré Lully

Né et mort à Paris, Charpentier partit vers l'âge de quinze ans pour l'Italie, attiré par l'étude de la peinture ; il y eut des peintres dans sa famille : un Nicolas Charpentier fut peintre du roi et mourut en 1663. On sait que Marc Antoine était à Rome en 1650. Il fréquenta le Collegium Germanicum et prisa fort Monteverdi, Victoria et Carissimi ; pendant trois ans, il fut l'élève de ce dernier, qui lui apprit le contrepoint, la polyphonie, le dialogue à deux chœurs, le style et la forme des histoires sacrées (dont Carissimi était le créateur). De retour à Paris en 1662, Charpentier fréquente les milieux italianisants de la capitale, qui se rencontraient à Saint-André-des-Arts chez l'abbé Mathieu. C'est là qu'il eut sans doute loisir de diffuser les œuvres de son maître. En 1672, Molière, fâché avec Lully, choisit Charpentier comme musicien (Le Malade imaginaire, Le Mariage forcé, La Comtesse d'Escarbagnas), ce qui entraîna le courroux de Lully. Charpentier collabore jusqu'en 1685 au Théâtre-Français (notamment avec Polyeucte, Médée et Andromède de Pierre Corneille, Les Amours de Vénus de Jean Donneau de Visé, Circé, L'Inconnu, La Pierre philosophale de Thomas Corneille). En 1679, il est engagé par le Grand Dauphin à Saint-Germain afin de composer des messes pour sa chapelle. Il occupe ces fonctions pendant une dizaine d'années. À partir de 1680, il est maître de la musique de la duchesse de Guise, cousine de Louis XIV, Marie de Lorraine, pour laquelle il écrit surtout des cantates et des pastorales. C'est dans son hôtel du Marais, à Paris, ainsi qu'à Saint-Germain chez le Dauphin, que Louis XIV eut l'occasion d'entendre les œuvres de ce musicien, jusque-là tenu en marge de l'art officiel représenté par Lully. Le roi fut émerveillé par l'art de Charpentier ; aussi lui fit-il verser une pension lorsque la maladie l'empêcha, en 1683, de concourir pour l'obtention d'une des quatre charges de sous-maître de la cham [...]

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Écrit par :

  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

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Pour citer l’article

Pierre-Paul LACAS, « CHARPENTIER MARC ANTOINE - (1643-1704) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/marc-antoine-charpentier/