MAQUILLAGE

Médias de l’article

Marie-Adelaïde de France, dite Madame Adelaïde, J.-M. Nattier

Marie-Adelaïde de France, dite Madame Adelaïde, J.-M. Nattier
Crédits : AKG

photographie

Maquillage, opéra chinois

Maquillage, opéra chinois
Crédits : Blue jean images/ Getty

photographie


Histoire

De la peinture rituelle au fard profane

À l'origine, un geste dont on peut dire qu'il serait contemporain des funérailles et qui a valeur de parabole : l'application d'une matière fluide d'origine minérale, végétale, animale ou humaine sur la peau selon une composition signifiante, marquant une coupure avec l'inorganique. Pour J. T. Maertens, il s'agit d'une coupure avec le corps-mère, avec l'Autre ou le Réel, c'est-à-dire avec tout ce qui est de l'ordre de l'objet et du vivant. Cette cérémonie du recouvrement marque la douleur et mime, grâce à la cendre ou au barbouillage, l'analogie de l'ensevelissement du défunt, mais aussi son altérité par rapport au cadavre. En soulignant la différence entre le sujet et l'objet, le barbouillage dénote également la différence avec la divinité, même si les peintures utilisées sont les mêmes que celles qui servent à peindre les statues des dieux.

Dès les civilisations de la Mésopotamie, on trouve trace de matières premières existant à l'état naturel et qui seront employées pendant des siècles : le blanc de céruse ou de craie, le rouge végétal ou minéral, le noir de fumée ou de galène qui, en Égypte, « rend les yeux parlants ». Les peintures ont un sens rituel, mais aussi une fonction expressive et esthétique, le rajeunissement ou le camouflage des rides étant déjà une préoccupation.

Durant l'Antiquité, on peut néanmoins distinguer deux époques : la première où le fard est lié à une théogonie comme en Égypte ; la seconde où il devient une pratique séculière, mondaine et perd tout ancrage avec le religieux comme en Grèce ou à Rome.

Dès le IIIe millénaire avant J.-C., l'utilisation des peintures est l'apanage de la classe sacerdotale égyptienne, qui se livre à l'étude des matières premières venant du « mystérieux pays de Pount », en fait des mélanges et les utilise rituellement lors des cérémonies, chaque acte comportant un sens symbolique et une fonction médicale. Le canon s'établit avec de très légères variations : corps peint de couleur différente selon le sexe, yeux allongés en forme de poisson et soulignés à l'antimoine, bouche et jo[...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 9 pages


Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis



Écrit par :

Classification


Autres références

«  MAQUILLAGE  » est également traité dans :

LA POUDRE ET LE FARD (C. Lanoë)

  • Écrit par 
  • Dominique PAQUET
  •  • 1 104 mots

Si le corps est devenu depuis la fin du siècle dernier un objet d'étude, il manquait à celle des techniques, visant à le modifier et à l'embellir, une analyse précise des produits et des modes de composition, de production et de consommation des cosmétiques. Dans une langue dynamique, fluide et rigoureuse, La Poudre et le fard. Une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-poudre-et-le-fard/#i_47765

Voir aussi

Pour citer l’article

Dominique PAQUET, « MAQUILLAGE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maquillage/