MANUEL DES INQUISITEURS, Nicolau EymerichFiche de lecture

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Un exposé systématique

« Le Manuel, écrit-il dans son prologue, comporte trois parties. Il est question dans la première de la foi catholique et de son enracinement. La deuxième partie parle de la méchanceté hérétique, qu'il faut contrer. La troisième est consacrée à la pratique de l'office inquisitorial, qu'il faut perpétuer. » Et le dominicain conjure « tous les inquisiteurs de consulter avec dévotion le Manuel, de l'étudier attentivement, d'en graver le contenu dans leurs cœurs, de ne point douter de sa véracité, d'en imposer l'étude aux théologiens et aux juristes qui seraient de leurs conseils, de se conformer enfin totalement à lui dans le choix des sentences ».

La première partie contient une vaste série de textes pontificaux, conciliaires, patristiques, canoniques définissant la foi catholique et sa sauvegarde doctrinale. Sur cette base Eymerich établit en douze questions et autant de réponses la légitimité de la procédure inquisitoriale. L'exposé est anhistorique : on parle pour toute l'Église, de toutes les hérésies et pour toujours. Dans le langage de l'époque, cela s'appelle « planter la foi ».

Dans la deuxième partie, l'historicité de l'institution est décrite avec autant d'exactitude que les articulations juridiques qui la trament. Le langage est combatif, l'intention agressive. Trois grands chapitres la composent. Une à une, d'abord, quelles sont les hérésies, et qui sont les hérétiques. Dans le domaine de la foi, erreur et hérésie étant synonymes, le dominicain aligne ensuite une kyrielle impressionnante d'« erreurs philosophiques » valant hérésies, de l'antiquité grecque jusqu'à l'averroïsme. La carte de l'hérésie étant ainsi dressée, la question est posée dans un troisième chapitre de l'étendue de la juridiction inquisitoriale et de sa légitimité : la réponse se déduit par pure logique des réflexions précédentes sur la théologie et le droit.

La troisième partie étale la procédure inquisitoriale proprement dite dans toute sa splendide rigueur, sa froide efficacité, son horreur a [...]


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Écrit par :

  • : professeur émérite de philosophie politique, universités de Paris-I et de Toulouse-II

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EYMERICH ou EIMERIC NICOLAU (1320 env.-1399)

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Théologien catholique, Nicolau Eymerich (Nicolas Eymeric) fut l'inquisiteur général de Catalogne, d'Aragon, de Valence et de Majorque et l'un des défenseurs des papes d'Avignon. Né vers 1320 à Gérone, dans le royaume d'Aragon, Nicolau Eymerich entre dans l'ordre des Dominicains en 1334 et se met à écrire sur la théologie et la philosophie. Nommé grand inquisiteur vers 1357, il s'attelle à sa c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eymerich-eimeric/#i_29393

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Pour citer l’article

Louis SALA-MOLINS, « MANUEL DES INQUISITEURS, Nicolau Eymerich - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/manuel-des-inquisiteurs/