MANICHÉISME

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Les origines : la vie de Mani

Le manichéisme tire son nom de celui de son fondateur, Mani, ou Manès, ou aussi Manikhaios, Manichaeus, c'est-à-dire, originellement et en syriaque, Manī ḥayyā, « Mani le Vivant ». Mani est né le 14 avril 216 (8 nisan 527 de l'ère séleucide) en Babylonie, dans un lieu proche de Séleucie-Ctésiphon : d'où l'épithète arabe d'al-Bābilīyu (« le Babylonien ») qui lui est attribuée et ses titres de « Messager de Dieu venu en Babylonie », de « Médecin issu du pays de Babel ». Sinon par son père, du moins par sa mère, il appartenait, semble-t-il, à une famille princière, apparentée à celle des Arsacides, des souverains parthes alors régnants, mais dont la suprématie allait, neuf ans plus tard, s'écrouler sous les coups du Perse Ardashir et passer aux mains de la dynastie sassanide. Lorsqu'il eut atteint sa quatrième année, son père, Pātik, le fit venir auprès de lui dans la Mésène (au sud de la Babylonie) où, à la suite d'une injonction reçue par trois fois d'une voix mystérieuse dans un temple de Ctésiphon et lui ordonnant de s'abstenir du vin, de la nourriture carnée et de tout commerce sexuel, il s'était retiré et adjoint à un groupe de sectaires appelés baptistaï (« baptiseurs » ou « baptistes ») par les documents grecs et coptes, al-mughtasilah (« ceux qui se lavent ») par les auteurs arabes, menaqqedē (« ceux qui purifient » ou « sont purifiés ») et ḥall ḥewārē (« vêtements blancs ») dans la tradition syriaque, et identiques, selon un témoignage récemment découvert, non pas à des mandéens, mais à des elkhasaïtes, adeptes de la doctrine répandue dans le « pays des Parthes », vers l'année 100, par le prophète Alkhasaï. S'agissant ainsi de judéo-chrétiens, de chrétiens d'une espèce particulière, qui combinaient avec des traditions et des observances juives certaines théories d'allure plus ou moins « gnostique », mais se réclamaient de l'autorité et des « commandements » de Jésus, une pareille précision est capitale. Il n'est donc plus permis de contester, ni de tenir pour tardif et secondaire, le rôle joué par le facteur chrétien dans la com[...]

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Écrit par :

  • : membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres), professeur honoraire au Collège de France, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section)

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Pour citer l’article

Henri-Charles PUECH, « MANICHÉISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/manicheisme/