MANDCHOURIE

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Rapports avec la Chine

Dès le début de notre ère, à l'époque de la dynastie chinoise des Han, les garnisons et les paysans chinois s'installent en Mandchourie du Sud, tandis que le reste du pays est occupé par les tribus toungouses et mongoles. Une série de formations monarchiques plus ou moins stables et plus ou moins vigoureuses s'établissent en Mandchourie : le royaume de Gaogouli (ier-viie s.), qui est d'affinités coréennes ; le royaume toungouse de Buohai (viiie-xe s.) ; le royaume mongol des Qitan (xe-xiie s.) ; le royaume toungouse des Niuzhen ou Jouchen (xiie-xiiie s.). Ces deux derniers, Qitan et Niuzhen, s'installent même à Pékin et dominent la Chine du Nord, respectivement sous les noms de dynastie Liao et de dynastie Jin. La Mandchourie, à cette époque, était déjà peuplée, économiquement très active, construite de villes nombreuses. L'archéologie a retrouvé maints signes de ce développement politique et culturel précoce. Mais l'occupation mongole (xiiie-xive s.) dévaste et dépeuple le pays. Après ce hiatus de deux siècles, la Mandchourie fait figure de région arriérée, apparemment inexploitée, et où ne nomadisent plus que des tribus toungouses (« Mandchous »).

Les Ming, à partir du xive siècle, tentent de rétablir l'autorité chinoise sur cette région, après la défaite de la dynastie mongole. Ils y envoient dans le Sud des garnisons de paysans-soldats. Mais ils sont incapables de tenir tête aux entreprises d'un chef de tribus du Nord, Nurhaqi (1559-1626), qui unifie les tribus mandchoues, se proclame roi en 1616 et s'empare en 1621 des deux principales places des Ming en Mandchourie du Sud, Liaoyang et Moukden (Shenyang). Il donne à son État une structure plus solide, fixe sa capitale à Shenyang, groupe les tribus en « bannières » militaires, fait adopter pour la langue mandchoue un alphabet spécial proche de celui des Mongols. Son fils Huang Taiji se proclame empereur de la dynastie Qing (littéralememt : « pure ») et les armées mandchoues de son petit-fils chassent en 1644 de [...]


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Mandchourie, 1644-1911

Mandchourie, 1644-1911
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Victimes de la seconde guerre de l'opium (1856-1860), F. Beato

Victimes de la seconde guerre de l'opium (1856-1860), F. Beato
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Seconde guerre de l'opium, F. Beato

Seconde guerre de l'opium, F. Beato
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Soldats russes

Soldats russes
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Écrit par :

  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris, directeur d'études à l'École pratique des hautes études

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Jean CHESNEAUX, « MANDCHOURIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mandchourie/