MANDAT CÉLESTE

La formule chinoise tianming, qu'on peut traduire par « mandat céleste », exprime en morale confucianiste l'idée que les empereurs tenaient directement du Ciel le droit de gouverner. Ils ne conservaient ce droit, pensait-on, qu'à condition de le mériter par leurs vertus personnelles. On attendait d'un prince qu'il possède le yi (la droiture) et le ren (la générosité). S'il menait une vie immorale ou se comportait en tyran, il perdait, selon certains docteurs, le droit de gouverner, et la révolution pouvait même devenir un devoir. C'est pourquoi les historiens chinois ont beaucoup insisté sur la vie dissolue des derniers empereurs de chaque dynastie, car leur chute confirmait l'axiome confucéen : c'était le Ciel lui-même qui avait retiré son mandat à l'un pour le donner à un autre.

—  Jacques PONS

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Pour citer l’article

Jacques PONS, « MANDAT CÉLESTE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mandat-celeste/