MAMMIFÈRES

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Mammifères actuels

Nutrition et vie de relation

Tégument et annexes

Deux formations tégumentaires permettent de définir sans ambiguïté les Mammifères actuels en face des autres classes de Vertébrés : les poils et les glandes lactéales.

En outre, la peau reflète dans sa structure beaucoup des exigences imposées par l'homéothermie, caractère commun aux Oiseaux et aux Mammifères mais qui, chez ces derniers, a été un élément essentiel dans la conquête de niches écologiques extrêmement variées, dans les milieux terrestres, aquatiques et aériens, sur la quasi-totalité du globe.

Les trois couches que l'on retrouve classiquement superposées dans la peau de tous les Vertébrés – épiderme, derme, hypoderme – présentent chez les Mammifères une particulière complexité (fig. 6).

Peau

Dessin : Peau

Peau de Mammifères (d'après Romer). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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L'épiderme comporte de l'intérieur vers l'extérieur : une couche germinative, zone de multiplication cellulaire ; une couche épineuse, qui doit son nom aux prolongements cytoplasmiques qui hérissent les cellules la constituant ; une couche granuleuse, dont les cellules ont un cytoplasme chargé de grains de kératohyaline ; une couche d'aspect homogène comportant des enclaves d'éléidine (à ce niveau, les cellules se kératinisent et commencent à dégénérer) ; une couche cornée, où les éléments cellulaires se réduisent à leur enveloppe de kératine et se détachent en squames. Le processus de kératinisation demeure obscur malgré les nombreux travaux qui lui ont été consacrés.

Le derme, de structure beaucoup plus simple, comporte dans sa partie la plus superficielle une couche hérissée de papilles s'engrenant dans la couche profonde de l'épiderme, cependant que la strate la plus interne, riche en fibres, est pauvre en éléments cellulaires.

L'hypoderme, parfois très développé (Suidés, Cétacés, etc.), a une structure très lâche ; il renferme des groupes de cellules adipeuses constituant le lard.

Le poil est une formation purement épidermique, qui se développe à partir d'un bourgeon de la couche germinative faisant saillie dans le derme. La couche épidermique profonde prolifère, se kératinise et forme la gaine épithéliale interne qui s'arrête au niveau de la glande sébacée appendue au poil. Une gaine épithéliale externe accompagne la tige pileuse jusqu'à sa sortie de la peau. Un muscle érecteur, attaché sur la gaine interne, permet le redressement du poil sous l'action de divers stimuli. La chute des poils, résultant de l'atrophie de la papille, peut s'effectuer de façon permanente et discrète, comme on l'observe dans l'espèce humaine, ou massive et saisonnière, donnant lieu à des mues.

Les formations pileuses revêtent essentiellement deux formes : les poils de couverture, ou jarres ; les poils de bourre, d'aspect laineux, jouant le rôle essentiel dans l'isolation thermique.

Chez beaucoup d'espèces, de longs poils raides, les vibrisses, disposés sur certaines parties du corps (lèvre supérieure, sourcils, etc.), constituent des récepteurs tactiles importants.

Parfois, les poils fortement kératinisés prennent l'allure de piquants jouant un rôle défensif (hérisson, porc-épic, échidné, etc.).

Hérisson d'Europe

Photographie : Hérisson d'Europe

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Crédits : Laurie Campbell/ The Image Bank/ Getty Images

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Chez les Mammifères, le poil joue un rôle essentiel dans la coloration des individus, intervenant surtout dans le camouflage. Les espèces ne sont point rares qui possèdent un pelage différent l'été et l'hiver.

Une autre formation tégumentaire joue un rôle capital dans les phénomènes de reconnaissance intra- et interspécifiques, ce sont les glandes odorantes. En plus des glandes sébacées, souvent associées aux poils, qui sont de type alvéolaire, la peau des Mammifères renferme une deuxième catégorie de glandes, les glandes sudoripares de type tubulaire. Les glandes odorantes de type alvéolaire ou tubulaire, souvent mixtes, distribuées de façon extrêmement variable selon les ordres et même les genres, ont des rôles multiples : marquage de territoire, reconnaissance intersexuelle, intra- et interspécifique, etc. Tout un système de signalisation odorante se trouve très développé chez la plupart des Mammifères macrosmatiques (cf. Organes des sens). En guise d'exemples, citons : les glandes sous-orbitaires des Cervidés (larmier) et de beaucoup d'Ongulés, les glandes génito-anales des Canidés, etc.

Beaucoup plus rares chez les Mammifères microsmatiques, elles sont tout à fait absentes chez les Cétacés dépourvus de sens olfactif (Mammifères alors d [...]

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Ornithorynque
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Cynodonte : crâne
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Pélycosaurien, Thérapside et Mammifère : crânes

Pélycosaurien, Thérapside et Mammifère : crânes
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Pour citer l’article

Pierre CLAIRAMBAULT, Robert MANARANCHE, Pierre-Antoine SAINT-ANDRÉ, Michel TRANIER, « MAMMIFÈRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mammiferes/