DARWICH MAHMOUD (1941-2008)

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Une poésie de l'exil

La découverte de l'Autre, l'exil à l'intérieur d'un pays qui n'est plus le sien et l'engagement dans la vie politique marqueront profondément les premières œuvres de Mahmoud Darwich. Six recueils de facture lyrique imprégnés d'un romantisme prononcé vont d'abord l'imposer comme poète révolutionnaire et chantre de la résistance. La bien-aimée, nommée Rita dans La Fin de la nuit (1967) et Les oiseaux meurent en Galilée (1970), la mère et la terre-patrie dans les recueils Feuilles d'oliviers (1964), Amoureux de Palestine (1966) et Ma bien-aimée se réveille (1970) sont souvent savamment fusionnées. Loin de toute référence idéologique, la résistance se nourrit ici des images puisées dans la vie quotidienne. Conscient de son rôle de poète, Darwich prône une écriture largement accessible. Cependant la large diffusion de certains textes, en raison de leur engagement national, alarma l'écrivain, qui redouta de perdre la maîtrise de son image.

En 1970, Mahmoud Darwich part à Moscou étudier l'économie politique. Il se rend un an plus tard au Caire qu'il quitte aussitôt pour Beyrouth. Rédacteur dans les journaux et magazines arabes comme al-Ittihād, al-Jadīd et al-Fajr avant son exil, il poursuit son activité de journaliste au Caire dans al-Ahram et à Beyrouth où il collabore au mensuel Affaires palestiniennes. Il travaille également comme rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l'O.L.P., et fonde en 1981 la revue al-Karmil qu'il dirigera jusqu'à sa mort. Forcé de quitter Beyrouth en 1982 après l'invasion israélienne, il repart en exil : Le Caire, Tunis, Paris où il s'installe. En 1987, il rejoint l'O.L.P. qu'il quitte en 1993 à la suite des accords d'Oslo, et retourne en 1995 à Ramallah en Cisjordanie.

À partir de 1970, Mahmoud Darwich intègre pleinement le mouvement culturel arabe et y trouve un espace à la mesure de ses ambitions. Deux motivations animent alors sa vision poétique : la première s'inscrit dans la continuité d'un lyrisme de plus en plus collectif, voire universel, la seconde se fonde su [...]


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Écrit par :

  • : professeur de littérature arabe moderne à l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Pour citer l’article

Sobhi BOUSTANI, « DARWICH MAHMOUD - (1941-2008) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mahmoud-darwich/