MAHFOUZ ou MAHFŪZ NAGUIB (1911-2006)

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Le romancier du Caire

Né en 1911 au sein d'une famille de la petite bourgeoisie installée dans le quartier populaire de Gamaliyya, dans la vieille ville du Caire, Naguib Mahfouz, de quinze ans plus jeune que ses sept frères et sœurs, sort en 1934 de l'université avec une licence de philosophie, et un fort penchant pour la littérature, qu'il assouvira, en parallèle avec sa carrière de fonctionnaire. Il publie ses premières nouvelles dans la revue al-Majalla al-Jadīda créée par Salāma Mūsā : Hams al-Jun̄un (Murmure de folie, 1938).

Entre 1939 et 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, il commence à écrire et à publier des œuvres qui s'inscrivent dans la lignée du courant pharaonique soufflant avec force dans l'Égypte de l'entre-deux-guerres : 'Abath al-aqdâr (La Malédiction de Râ, 1939) prend sa source dans les mythes égyptiens antiques, Rādūbīs (L'Amante du Pharaon, 1943), est une dramatique histoire d'amour ; Kifāh Tība (La Lutte de Thèbes, 1944) conte le combat des Égyptiens pour se libérer des envahisseurs Hyksos et ressusciter l'Égypte unifiée autour de sa capitale, Thèbes. Beaucoup ont vu là des résonances très contemporaines, à l'heure où pesait encore la domination britannique dans le pays.

Délaissant la veine historique, Mahfouz va s'attacher ensuite à bâtir une œuvre romanesque autour des quartiers du Caire, en une suite de romans citadins qui l'ont totalement imposé. Al-Qāhira l-jadīda (La Belle du Caire, 1945) brosse le tableau d'une aristocratie déclinante, sur fond de dérive totalitaire de l'Égypte en 1934 ; Mahfouz croque la vie d'un quartier populaire durant la guerre dans Khān al-Khalīl̄ī (Le Cortège des vivants, 1946), explore les strates de la société dans Zuq̄aq al-Midaqq (Passage des miracles, 1947). Le monde des mendiants et des faiseurs d'infirmes y côtoie celui des commerçants et des petits fonctionnaires ; le romancier y suit aussi le destin malheureux des victimes de la ville moderne occidentalisée, mirage qui fait rêver mais où l'on peut se perdre.

Après al-Sar̄ab (Chimères, 1948) et Bid̄aya wa nih̄aya (Vienne la nuit, 1949), cette séquence d [...]


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Luc-Willy DEHEUVELS, « MAHFOUZ ou MAHFŪZ NAGUIB - (1911-2006) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mahfouz-mahfuz/