MacArthur park, SUMMER (Donna)

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Donna Summer (de son vrai nom Donna Gaines, née à Boston le 31 décembre 1948) chante à l'église dès son plus jeune âge. Elle appartient à la troupe itinérante de la comédie musicale Hair et adopte le pseudonyme Summer à Munich, où elle vit et se marie avec un Allemand, Helmut Sommer. C’est dans cette ville qu’elle rencontre Giorgio Moroder, qui deviendra son Pygmalion. Ce musicien italien est à l’écoute de la soul et des nouveaux sons électroniques qu’il a découverts avec Kraftwerk. Ils enregistrent ensemble en 1975 Love To Love You Baby, une chanson de 17 minutes à l’interprétation très lascive, inspirée du Je t’aime... moi non plus de Serge Gainsbourg et Jane Birkin. Ce titre, qui ouvre les années disco sur une tonalité érotique, est lancé par Neil Bogart, producteur du groupe de hard rock déguisé Kiss. Donna Summer devient l’une des voix qui remplissent les pistes de danse des night-clubs, enchaînant tube sur tube, dont MacArthur Park (1978). Elle participe à la bande originale du film Flashdance en 1983, puis obtient de nouveaux succès internationaux avec This Time I Know It's For Real (1988) et I Don't Wanna Get Hurt (1989).

Le célèbre MacArthur Park avait déjà été un succès avec Richard Harris avant que The Four Tops ne l’enregistrent aussi. La caractéristique principale de l'orchestration de la version de Donna Summer est la profusion des instruments, rendue possible par l’avènement du magnétophone à 24 pistes. La batterie possède un son très sec – c’est-à-dire sans réverbération – et amorti, car on avait à cette époque l’habitude de couper scrupuleusement les résonances en équipant les fûts de la batterie de divers systèmes artisanaux (comme le papier toilette collé à l’aide de chatterton). La prise de son de proximité conduisait à des solutions souvent radicales, puisqu’il arrivait que l’on soit contraint d’enregistrer les éléments de la batterie un par un, guidé par une piste de métronome, la click track. Le batteur joue un pattern classique du disco avec after beat ; la basse et un triangle interprètent des figures plus enlevées, qui complètent la rythmique. Le piano Fender joue simplement les accords, car les scores de cuivres et de cordes bénéficient d’une écriture complexe et chargée. Après le glissando de harpe, des congas viennent ajouter un sentiment de dédoublement, de bon aloi pour les danseurs.

Donna Summer montre dans ce morceau qu’elle sait chanter à plus d’un centimètre du micro, développant sa puissance vocale sur un rythme harmonique qui lui laisse le temps de déployer tout son savoir-faire de chanteuse de soul music. Un gimmick de fin l’accompagne ; il s’agit d’un dialogue entre les cuivres et un tom électronique, cousin de celui du Ring My Bell d'Anita Ward (1979). Les grands esprits du disco se retrouvent : toujours le même son de cloche.

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Pour citer l’article

Eugène LLEDO, « MacArthur park, SUMMER (Donna) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/macarthur-park-summer-donna/