LUIGI GHIRRI. CARTES ET TERRITOIRES (exposition)

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Un photographe du dimanche

D’emblée, Luigi Ghirri lie consciemment sa pratique à celle du photographe du dimanche, notamment en adoptant la couleur et le tirage standard. Avec sa gamme chromatique pastel, il se démarque de la pratique professionnelle qui se conçoit alors surtout en noir et blanc, et fait figure de précurseur à l’instar de William Eggleston ou de Stephen Shore qui contribuent à la reconnaissance de la couleur outre-Atlantique. Il se distingue également des préoccupations des photographes « auteurs » en adoptant une position esthétique radicale : celle de résister à l’affirmation d’un style propre. « Je n’ai jamais cherché à faire des photos créatives, confiait-il, mais des images qui ont une relation avec la fantaisie, le rêve, les illusions, les problèmes formels. »

Bologna, L. Ghirri

Bologna, L. Ghirri

Photographie

Dans sa diversité, son humour et son intelligence, l'œuvre de Luigi Ghirri retrace les aventures du regard à une époque où l'image se fait omniprésente. Très loin de « l'instant décisif » cher à Cartier-Bresson, le banal et le kitsch se mettent en scène et produisent des mythologies... 

Crédits : Eredi di Luigi Ghirri/ CSAC, Università di Parma

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Géomètre jusqu’en 1973, Luigi Ghirri n’a nul besoin d’exotisme et photographie essentiellement à Modène et en Émilie-Romagne où il habite. Dans différentes séries – Periodo iniziale (Photographies de la première période ; 1970-1973) ; Paesaggi di cartone (Paysages de carton ; 1970-1973) ; Kodachrome (1970-1978) ; Italia ailati (L’Italie de part et d’autre ; 1971-1979) –, il dresse d’abord une topographie du quotidien. Mobilier urbain, panneaux de signalisation, affiches publicitaires, graffitis…, autant de signes qui fondent la nouvelle identité d’une Italie en pleine expansion. Collazione sullerba (Déjeuner sur l’herbe, 1971-1974) épingle les simulacres de nature opérés par ses congénères dans l’agencement des maisons : stores vénitiens géométrisant avec les façades de brique, symétrie de jardinières, oiseaux de faïence, ifs taillés au cordeau.

Dans le débat que commenta Umberto Eco entre les « apocalyptiques », gardiens d’une culture élitiste, et les « intégrés », fascinés par la culture de masse, Luigi Ghirri adopte une troisième voie. Il considère le kitsch, la banalité et les différentes formes de sous-cultures comme autant de matériaux pour mener à bien de nouvelles réflexions sur la sémi [...]


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Armelle CANITROT, « LUIGI GHIRRI. CARTES ET TERRITOIRES (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/luigi-ghirri-cartes-et-territoires-exposition/