MIES VAN DER ROHE LUDWIG (1886-1969)

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Un rationaliste

Mies ne construit presque pas pendant sa période allemande et il s'exprime surtout par ses dessins et ses textes ; c'est aux États-Unis qu'il construira la plus grande partie de sa production. À Berlin, après s'être détaché de l'influence de Behrens et, à travers cet architecte, de celle de l'art néo-classique de Karl Friedrich Schinkel, il travaille à des projets qui seront exposés par le Novembergruppe dont il dirige la section d'architecture de 1921 à 1925. Il participe à la revue G, due à l'initiative de De Stijl, et la finance. En 1926, il est nommé président du Deutscher Werkbund, et c'est à ce titre qu'il organise l'exposition du logement de Weissenhof à Stuttgart, où il invite J. J. P. Oud, Victor Bourgeois, Le Corbusier et Jeanneret, Gropius, Ludwig Hilberseimer, Bruno Taut, Hans Poelzig, Behrens, Hans Scharoun, à y construire chacun un bâtiment et où lui-même construit un immeuble d'habitation collective. En 1929, Mies van der Rohe, succédant à Gropius, prend la direction du Bauhaus à Dessau et continue à le diriger, après son transfert à Berlin, jusqu'à sa fermeture par les nazis en 1933.

Lotissement de Weissenhof, Mies Van der Rohe

Dessin : Lotissement de Weissenhof, Mies Van der Rohe

Chargé de la préparation de l'Exposition du logement organisée à Stuttgart en 1927, Mies Van der Rohe avait invité un certain nombre d'architectes européens à collaborer avec lui à la réalisation du lotissement de Weissenhof. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Logements de Weissenhof

Photographie : Logements de Weissenhof

L'architecte Ludwig Mies van der Rohe organise, en 1926, l'exposition du logement de Weissenhof à Stuttgart où il invite les pricipaux architectes du mouvement moderne à construire chacun un bâtiment, lui même réalisant un immeuble collectif. 

Crédits : Joan Woollcombe Collection/ Hulton Archive/ Getty Images

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Dans les premières années de sa production originale, Mies se laisse quelque peu séduire par des recherches expressionnistes dont une des meilleures réalisations est le monument à Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, monument en brique édifié en 1926 et détruit par les nazis ; mais cette influence n'est pas profonde. Dans les mêmes œuvres, on retrouve la marque du groupe De Stijl (jeu de plans, de lignes) avec qui il est en contact et dont il partage en grande partie les idées. Mais en fait, dès cette époque, il s'affirme fondamentalement rationaliste.

Trois projets marquent fortement le début de sa production personnelle : l'immeuble de bureaux de la Friedrichstrasse à Berlin en 1921, le gratte-ciel de verre en 1922 et l'immeuble de bureaux, en béton, de la même année. Malgré la présentation charbonneuse du dessin de l'immeuble de la Friedrichstrasse, malgré l'aspect dramatique de la perspective, malgré l'agressivité des angles aigus du plan, ce projet n'est pas plus expressionniste, fondamentalement, que le gratte-ciel de verre dont le contour sinueux relève d'un plan d'inspiration organique. Et ne prendre en compte que les seuls aspects formels de l'expressionnisme et de l'architecture rationnelle serait réduire le rationalisme à l'angle droit en l'opposant au jeu formel de l'expressionnisme. L'idée du gratte-ciel directement fonction des nécessités d'une société n'est-elle pas en elle-même rationaliste, n'est-elle pas en quelque sorte une forme de « réalisme » ? La réponse architecturale à ce problème témoigne d'une pensée déductive pour qui la forme n'est qu'un résultat donnant satisfaction aux différentes fonctions du programme.

« L'idée la plus importante en architecture est celle qui est née ici, à Chicago, l'idée du squelette, de l'ossature », dira Mies quand il s'installera, en 1938, dans cette ville où il réalisera une grande partie de sa production américaine (c'est aux États-Unis que Mies van der Rohe mourra). Or cette idée, celle « des os et de la peau », est la base même des premiers projets, particulièrement le gratte-ciel en verre ; en outre, le découpage des plans rend possible la pénétration de la lumière au centre de la construction, ce qui est assurément plus « fonctionnel » que le centre entièrement aveugle du Seagram Building à New York, au plan parfaitement rectangulaire. La conception structurelle de l'architecture affirmée par ces trois projets est liée à la conception du plan libre, plan où les espaces s'organisent indépendamment des structures porteuses, conception en fait afonctionnelle de l'« espace à tout faire » de Mies van der Rohe. Cela va l'amener rapidement à abandonner les murs porteurs, que l'on trouve dans les projets de la « Maison de campagne en brique » et de la « Maison de campagne en béton » (1923), pour disposer une trame régulière de poteaux. Voici ce qu'il dit en 1927 à propos de l'immeuble d'habitation de Weissenhof : « La construction par ossature intérieure est ici la plus appropriée de toutes les techniques. L'exécution s'eff [...]

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Lotissement de Weissenhof, Mies Van der Rohe

Lotissement de Weissenhof, Mies Van der Rohe
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Logements de Weissenhof

Logements de Weissenhof
Crédits : Joan Woollcombe Collection/ Hulton Archive/ Getty Images

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Écrit par :

  • : architecte D.P.L.G., urbaniste de l'État, professeur d'architecture à l'université de Paris-Tolbiac

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Pour citer l’article

Pierre GRANVEAUD, « MIES VAN DER ROHE LUDWIG - (1886-1969) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ludwig-mies-van-der-rohe/