CHILDS LUCINDA (1940- )

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La danse en miroir

Ce miroitement, dû à la démultiplication de l'image par fragmentation, trouvera son aboutissement en 1979 avec Dance. Cette pièce, allie une partition de Philip Glass, un des pionniers de la musique répétitive et, un film projeté sur des tissus flottants de Sol LeWitt. Ce film n'est autre que la pièce de Childs reprise sous différents angles, tant et si bien que le spectateur a l'impression étrange de regarder simultanément la même danse sous deux angles différents. L'œuvre, emblématique de la chorégraphe, forme une sorte de géométrie variable à la luxueuse texture, claire et analytique mais réfractée, tout en éclats, qui trouble le spectateur et pervertit sa perception par glissements progressifs et allitérations d'un même mouvement. L'espace est travaillé par une multiplicité de plans, chaque moment est un instantané. Ce chef-d’œuvre sera recréé pour la biennale de danse de Lyon en 1990 puis repris dans le cadre du festival d’Automne 2014 et présenté au Théâtre de la Ville.

Avec Dance, Lucinda Childs revient à une écriture complice avec la musique. Cette complicité sera accrue grâce à la rencontre avec Elisabeth Chojnacka, claveciniste de génie qui deviendra en 1991 directrice musicale de la compagnie. Ensemble, elles créeront, souvent en France, des pièces exceptionnelles : Concerto (mus. Gorecki, 1993), Kengir (mus. F.-B. Mâche, 1995), From the White Edge of Phrygia (mus. S. Montague, 1995) et Commencement (mus. Z. Krause, 1995). Après de nombreux prix et distinctions, Lucinda Childs est élevée au rang d’officier dans l'ordre des Arts et Lettres en 1996.

Dans ses créations suivantes, elle introduit dans son vocabulaire chorégraphique des phrases gestuelles issues d'un certain classicisme, retournant à des mouvements plus brillants, plus élaborés techniquement. Variété de variété (Théâtre de la Ville, 2000) sur des extraits de Mauricio Kagel ou Description (of a description), dont la première a lieu au festival Montpellier Danse la même année, laissent poindre une toute nouvelle sensualité dans cette danse si épurée Elle crée également deux solos pour Mikhaïl Barychnikov : Largo en 2001, et Opus One en 2003.

Depuis le début des années 2000, Lucinda Childs crée plus souvent ses pièces à l’étranger, notamment en France, que dans son pays natal. Ainsi, The Chairman Dances (2000) sera destinée aux Ballets de Monte-Carlo, Daphnis et Chloé (2003) au Ballet du Grand Théâtre de Genève et la chorégraphie de Parsifal (2004) à l’Opéra de cette même ville. Le Mandarin merveilleux (2004), Le Rossignol (2007), Œdipus Rex (2007) et Songs from Before (2009) ont été chorégraphiés par Lucinda Childs pour le Ballet de l’Opéra national du Rhin. Tempo Vicino (2009) a été réglé pour le Ballet de Marseille et Oceana (2011) pour celui de de l’Opéra de Nice. Kilar (2013) sur une musique de Wojciech Kilar (d’où le nom de cette œuvre), créé pour la compagnie néerlandaise Introdans, est une sorte de longue variation en noir et blanc sur l’ombre et le corps, le contre-jour et la lumière.

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Agnès IZRINE, « CHILDS LUCINDA (1940- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lucinda-childs/