CÉLINE LOUIS-FERDINAND

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Les années d'exil

En tout cas, la publication des pamphlets attire aussitôt à Céline des désagréments. Il abandonne les fonctions médicales qu'il occupait. En 1939, il est condamné pour diffamation. Denoël retire deux titres de la vente. Céline s'engage comme médecin à bord d'un paquebot dont l'existence est interrompue par la rencontre inopinée et brutale d'un sous-marin anglais. En 1940, il est médecin-chef au dispensaire de Sartrouville, puis, jusqu'en 1944, attaché au dispensaire de Bezons. Durant cette période, il adresse de multiples lettres aux journaux : manifestations spontanées qui ne sont jamais des demandes officielles de la presse. En 1941, il s'établit à Montmartre et s'entoure d'un cercle d'amis dont Marcel Aymé, Robert Le Vigan et le peintre Gen Paul. En 1943, il épouse la danseuse Lucette Almanzor et surtout renoue avec la production romanesque, reprenant les projets élaborés plus tôt : Casse-pipe, chronique de ses années de régiment (le manuscrit de ce roman dont nous ne connaissons que des fragments disparaîtra lors du pillage de l'appartement parisien de Céline en 1944) et surtout Guignol's Band, publié en 1945 (la suite de cette fiction – Guignol's Band, II, ou Le Pont de Londres – paraîtra de façon posthume en 1964). Là, Céline élague définitivement les incises et les digressions humanistes qui grevaient ses œuvres précédentes. De même, il aère son écriture en la libérant des pesanteurs de la syntaxe traditionnelle ainsi que des exigences de logique et de linéarité de la narration classique. Désormais, ce sont de simples groupes de mots espacés en même temps qu'unifiés par des points de suspension, des îlots de sens pris dans une même matière et reliés par la trame du discours. À cet égard, Guignol's Band, dès ses premières lignes, ouvre un nouveau chapitre de la littérature française moderne : « Braoum ! Vraoum !... C'est le grand décombre !... Toute la rue qui s'effondre au bord de l'eau !... C'est Orléans qui s'écroule et le tonnerre au Grand Café !.. [...]


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  • : agrégé de lettres modernes, ancien élève de l'École normale supérieure

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Pour citer l’article

Philippe DULAC, « CÉLINE LOUIS-FERDINAND », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-ferdinand-celine/