MAAZEL LORIN (1930-2014)

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Un talent musical inné

Lorin Varencove Maazel naît à Neuilly-sur-Seine le 6 mars 1930 de parents américains. L'un de ses grands-pères, violoniste russe émigré aux États-Unis, avait été premier violon au Metropolitan Opera de New York. Dès l'âge de cinq ans, à Los Angeles, où sa famille s'est installée, Lorin Maazel commence à étudier le violon avec Karl Moldrem puis, deux ans plus tard, le piano avec Fanchon Armitage. Il aborde la direction d'orchestre avec Vladimir Bakaleinikoff. Il n'a que huit ans lorsqu'il dirige pour la première fois en public, avec un orchestre d'étudiants ; au programme, la Huitième Symphonie « Inachevée » de Schubert. Il partage ensuite la direction d'un concert avec Leopold Stokowski à la tête de l'Orchestre philharmonique de Los Angeles. Son premier concert professionnel à part entière se situe en 1941, avec l'Orchestre symphonique de la N.B.C., à l'invitation de Toscanini. Aussitôt, il dirige dans le cadre des concerts d'été de l'Orchestre philharmonique de New York (1942), notamment pour la première fois au Lewisohn Stadium à Manhattan, devant 8 500 personnes. « Little Lorin » se produit alors à la tête des plus grands orchestres américains : Cleveland (1943), Philadelphie, Chicago, Los Angeles, San Francisco... Il poursuit parallèlement ses études à l'université de Pittsburgh (mathématiques, philosophie, langues) et ses études musicales (harmonie, composition, contrepoint) entre 1946 et 1950. Il occupe aussi une place de violoniste dans l'Orchestre symphonique de Pittsburgh (dès 1948) et est premier violon d'un quatuor à cordes.

Lorin Maazel

Photographie : Lorin Maazel

En 2007, la Symphonica Toscanini interpréta à Rome, sous la direction de Lorin Maazel, l'intégrale des symphonies de Beethoven. 

Crédits : Alessandro Di Meo/ Ansa/ EPA

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Il participe en 1951 à la création d'une œuvre de Luciano Berio, Due Pezzi, pour violon et piano. La même année, Serge Koussevitzky l'invite à diriger au festival de Tanglewood la Symphonie de psaumes de Stravinski. En 1952, grâce à une bourse de la fondation Fulbright, Lorin Maazel part travailler en Italie la musique baroque et dirige son premier concert européen, à Catane (1953), où il remplace au pied levé Pierre Dervaux. Les invitations se succèdent dans toute l'Europe : Vienne et Florence en 1955, Berlin en 1956 (premiers enregistrements avec l'Orchestre philharmonique en 1957), Édimbourg en 1958, Bayreuth en 1960, où il est à la fois le plus jeune chef et le premier chef américain invité à diriger au festival (Lohengrin). Il y retourne en 1968 et 1969 pour la Tétralogie. En 1961, il fait une tournée en Australie. Un an plus tard, il dirige la tournée américaine de l'Orchestre national de l'O.R.T.F., début d'une longue mais épisodique collaboration. Il se tourne vers l'opéra et fait ses débuts au Met, dans Don Giovanni de Mozart (1962), puis au festival de Salzbourg, dans Les Noces de Figaro (1963). C'est ensuite le Japon qui fait appel à lui. De 1964 à 1975, il occupe le premier poste permanent de sa carrière, à la tête de l'Orchestre radio-symphonique de Berlin, où il succède à Ferenc Fricsay. Il est aussi directeur général de la musique à la Deutsche Oper, l'opéra de Berlin-Ouest (1965-1971), où il crée notamment l'opéra de Dallapiccola Ulisse (29 septembre 1968) et dirige une vingtaine d'opéras différents.

En 1969, Lorin Maazel épouse en secondes noces la pianiste Israela Margalit, dont il divorcera en 1983. Chef associé d'Otto Klemperer au New Philharmonia Orchestra de Londres (1970-1972), on pensait qu'il prendrait la suite du « vieux lion », mais une meilleure opportunité survient en 1972, à la mort de George Szell : il lui succède comme directeur musical de l'Orchestre de Cleveland. Pendant dix ans, il a entre les mains l'un des plus beaux orchestres du monde, avec lequel il façonne son style et se consacre largement à la musique contemporaine américaine. En Europe, il entretient des relations étroites avec l'Orchestre national de France, dont il devient le premier chef invité en 1977. C'est avec cet orchestre et le violoniste Isaac Stern qu'il crée le concerto pour violon d'Henri Dutilleux, L'Arbre des songes (1985). À la tête de l'Orchestre de l'Opéra de Paris, il dirige la bande sonore du film-opéra de Joseph Losey, Don Giovanni (1979). Il se produit souvent à la Scala de Milan et avec l'Orchestre philharmonique de Vienne, qui l'invite régulièrement depuis 1962. Il reprend notamment la direction du Concert du Nouvel An (1980-1986, puis 1994, 1996, 1999 et 2005). Rien n'arrête son irrésistible ascension. En 1982, il prend la direction de l'Opéra de Vienne. Il s'agira du premier échec de sa carrière : les méandres de l'esprit viennois lui échappent et il quitte son poste après deux ans, dans un climat de mésentente générale, tout en continuant sa collaboration avec l'Orchestre philharmonique de Vienne. À Salzbourg, il crée l' « action musicale » de Berio Un re in ascolto (7 août 1984). Au cinéma, il dirige la bande sonore de Carmen (réalisé par Francesco Rosi, 1983) avec l'Orchestre national de France, et celle d'Otello (mis en scène par Franco Zeffirelli, 1986), avec l'Orchestre de la Scala de Milan. De retour dans sa ville d'origine, il est nommé en 1984 conseiller musical de l'Orchestre symphonique de Pittsburgh, dont il sera ensuite le directeur musical (1988-1996). Initialement, cette nomination est considérée comme un retour en arrière dans sa carrière exceptionnellement brillante, mais il fait rapidement de cet orchestre l'une des grandes phalanges américaines. Autre coup dur : en 1989, alors qu'il pensait succéder à Karajan à la tête de l'Orchestre philharmonique de Berlin, les musiciens choisissent Claudio Abbado. Furieux, il annule tous ses engagements avec cet orchestre, qu'il cesse dès lors de diriger. Fidèle à son habitude, il conserve simultanément un poste en Europe, comme directeur musical de l'Orchestre national de France (1988-1990). Comme à Vienne, mais pour d'autres raisons, les relations se détériorent vite avec les musiciens français, qui lui reprochent ses passages éclairs, là où l'on attendait une présence de longue durée et un travail analogue à celui qu'il faisait à Pittsburgh. Entre 1993 et 2002, il est directeur musical de l'Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, à Munich. Avec cet orchestre, qu'il avait dirigé pour la première fois en 1957, il crée notamment des œuvres de [...]

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  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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NEW YORK ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE

  • Écrit par 
  • Alain PÂRIS
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Doyen des grands orchestres symphoniques américains, l'Orchestre philharmonique de New York (New York Philharmonic) résulte de la fusion, en 1928, de l'Orchestre philharmonique et de l'Orchestre symphonique de New York. La Philharmonic Symphony Society voit le jour en 1842 sous forme d'une coopérative de musiciens. Son premier véritable chef permanent est Theodor Eisfeld (1856-1866), qui partage p […] Lire la suite

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Alain PÂRIS, « MAAZEL LORIN - (1930-2014) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lorin-maazel/