LOI, épistémologie

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Les paradoxes de la confirmation

Une loi de la nature ne se contente pas de décrire les phénomènes observés – les faits attestés – mais dévoile ce que pourraient être les faits dans des conditions hypothétiques irréalisées. Notre confiance dans une loi dépend donc de la confirmation ou de la corroboration que les preuves favorables lui confèrent. Réciproquement, une proposition nomologique infirmée par des contre-exemples n'est pas strictement vraie : on cherche soit à l'amender soit à la remplacer. Les concepts de loi et de confirmation sont donc intimement liés. Or, au milieu du xxe siècle, Hempel et Goodman ont révélé que le concept de confirmation était affligé de deux paradoxes.

Le paradoxe de Hempel (Studies in the Logic of Confirmation, 1945).

Considérons la proposition triviale exprimée par l'énoncé :

Représentons-la comme une proposition conditionnelle universellement quantifiée :

où « C » désigne la propriété d'être un corbeau, « N » la propriété d'être noir, les « phrases ouvertes » « Cx » et « Nx » étant respectivement l'antécédent et le conséquent du conditionnel.

La conjonction (C) des trois principes de confirmation suivants – nommée « critère de Nicod » – paraît intuitivement solide :

(C1) Si un objet observé a satisfait à la fois l'antécédent et le conséquent du conditionnel (Ca & Na), il confirme le conditionnel.

(C2) Si un objet observé a satisfait l'antécédent mais non le conséquent (Ca & – Na), il infirme le conditionnel.

(C3) Si un objet observé a ne satisfait pas l'antécédent (– Ca), il ne compte pas ou il est dénué de pertinence par rapport au conditionnel.

Par une règle de logique élémentaire, nommée la contraposition, la proposition (1a) est logiquement équivalente à la proposition (1b) :

ou « Tout ce qui n'est pas noir n'est pas un corbeau ». (I) Appliquons à (1b) le critère de Nicod : de (C1), il résulte que (1b) est confirmée par l'observation d'un objet qui satisfait son antécédent et son conséquent. Donc (1b) est confirmée par l'observation d'un objet qui n'est ni noir ni un corbeau, par exemple une feui [...]


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Écrit par :

  • : chargé de recherche en philosophie au C.N.R.S., membre du Centre de recherche en épistémologie appliquée

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Pour citer l’article

Pierre JACOB, « LOI, épistémologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/loi-epistemologie/