LOGIQUE INDIENNE

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Logique et connaissance

Or toute inférence qui tire ιpε s de ιpε h est elle-même traitée comme analogue au passage d'un mot (perçu) à un objet (non perçu) que ce mot désigne. Donc la connaissance d'une fumée (H = qu'à l'emplacement de cette montagne il y a de la fumée) sera appelée « cause efficiente » (kāraṇa) de la connaissance d'un feu (S = qu'à l'emplacement de cette montagne il y a du feu). Dans le Navya-Nyāya, la relation correspondante qui unit deux connaissances du type H et S reçoit le nom de « vyāpti-jñāna » (connaissance de l'implication), c'est-à-dire par rapport à l'exemple : « vāhni-vyapyo dhūmaḥ » (fumée imprégnée de feu) ; on considère que toute connaissance particulière est reliée au sujet connaissant (ātman) par l'inhérence (samavāya), terme qui désigne à la fois la relation entre substance (dravya) et qualité (guṇa), et la relation entre un tout (avayavin) et ses parties (avayava). Le processus qui produit un effet à partir d'une cause est appelé « opération » (vyāpāra). Dans le cas particulier de la connaissance opératoire de l'implication, cette opération est désignée par le terme « parāmarśa » (conception), c'est-à-dire par rapport à l'exemple : vyāpti-viśiṣṭa-pakṣa-dharmatā-jñāna (connaissance de la présence de ce qui est qualifié par la vyāpti [c'est-à-dire de la fumée] à l'emplacement de l'objet [c'est-à-dire à la montagne]). La cause H, jointe au parāmarśa, produit l'effet S. On peut considérer cela comme l'application de la règle d'instanciation universelle à ∧ x(ε h → ε s) ; cette application aboutit à ιpε → ιpε s, et à partir de là, étant donné que H et S sont respectivement les nominalisations des propositions élémentaires ιpε h et ιpε s, on n'a plus qu'à appliquer la règle du modus ponens pour obtenir S à partir de H.

Dans le Nyāya ancien, H était considérée comme étant à elle seule la cause de S. Donc, une fois qu'on eut amendé le troisième membre du syllogisme à cinq membres en énonçant explicitement la vyāpti « partout où [il y a] fumée, là [est] du feu », on interpréta le second membre comme une abréviation de « à cause de la [...]

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  • : docteur en philosophie, professeur de philosophie

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Pour citer l’article

Kuno LORENZ, « LOGIQUE INDIENNE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/logique-indienne/