APOCALYPTIQUE & APOCRYPHE LITTÉRATURES

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La littérature apocalyptique

Comme repère originel de l'écriture apocalyptique, il faut placer la destruction du Temple de Jérusalem en 587 avant J.-C. et l'Exil à Babylone. Occasion d'un croisement religieux et culturel aux effets imprescriptibles, l'Exil entraîna une renaissance véritable, caractérisée par le maintien de l'essentiel éthique, voire culturel, d'une religion nationale, celle de Moïse, conservée aussi pure que possible sur une terre étrangère et par la réinterprétation de cet héritage fondamental par le retour archaïsant de ce qui était très ancien, tant des traditions nationales que des cultures voisines. Plus précisément, il fut le lieu et le moment de réhabilitation des cultures et le creuset de refonte des mythes anciens. Ce vaste engouement pour l'Antiquité, remarquable jusque dans le vocabulaire utilisé, ne se limita pas à Israël : il reflétait même, largement, une tendance générale. La longue période qui précéda tout au long du viie siècle avant J.-C. et jusqu'en 587, comme celle antérieure à l'édit de Cyrus en 538 avant J.-C., fut celle des restaurations et des renaissances, des retours aux sources lointaines et des croisements culturels. Dans la littérature biblique de cette époque, on est frappé par le lien presque systématique entre, d'une part, un réinvestissement mythique très soutenu jusque dans la forme et, de l'autre, l'usage fréquent d'archaïsmes bibliques. L'exemple de Shadday, mot solidement enraciné chez les Sémites du Nord-Ouest et épithète de El dans les couches les plus anciennes des livres de la Genèse et de l'Exode, est des plus éloquents. Ce terme réapparaît justement au moment de l'Exil comme désignation de la divinité des Patriarches et du Dieu d'Israël, chez [...]


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ABDIAS LIVRE D'

  • Écrit par 
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« Abdias » signifie « serviteur de Yahveh ». Le livre qui porte ce nom (Vision d'Abdias dans la version des Septante, Vision d'Obadyah dans la Bible hébraïque) est celui de l'un des douze « petits » prophètes bibliques et le plus court des livres de l'Ancien Testament (21 versets). Il contient un violent oracle contre Édom (versets 1-15), qui s'élargit ensuite en prophétie à teneur apocalyptique : […] Lire la suite

ALPHA & OMÉGA

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Venu du latin angelus , transcription de aggelos qui, en grec profane, désigne un messager, le mot « ange », dans la version des Septante, traduit l'hébreu maleak (« messager » [de Dieu]), terme qui s'applique surtout aux anges, mais aussi quelquefois aux prophètes (Is., xiv , 32) et aux prêtres (Mal., ii , 7). L'Ancien Testament appelle les anges « fils de Dieu » (Job, i , 6), « armée de Yahvé » […] Lire la suite

ANTÉCHRIST

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  • Hervé SAVON
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C'est dans un texte du Nouveau Testament — la première Épître de Jean (fin i er /déb. ii e s.) — qu'apparaît pour la première fois le mot grec antichristos , dont le français « antéchrist » est le calque imparfait. Cependant, on voit se former l'idée d'un antimessie — c'est ce que signifie proprement antichristos — bien avant l'apparition du christianisme. En effet, les espérances eschatologique […] Lire la suite

APOCALYPSE DE JEAN

  • Écrit par 
  • Jean HADOT
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L'Apocalypse de Jean est le dernier des livres du Nouveau Testament. Parmi cet ensemble d'ouvrages considérés comme «  canoniques » par l'Église chrétienne, elle apparaît comme un bloc erratique. Le contraste est d'abord dans la forme. À côté des Évangiles, des Actes des Apôtres et des Épîtres, elle représente un genre littéraire absolument différent. Le caractère étrange des visions qu'elle conti […] Lire la suite

BARUCH LIVRES DE

  • Écrit par 
  • André PAUL
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Tout comme Hénoch, Moïse, Esdras et d'autres, Baruch, fils de Néri et confident de Jérémie, fut, dans le judaïsme préchrétien, le héros et le patron de toute une série d'œuvres littéraires. Sur ce personnage aussi, les Juifs transmettaient un lot de légendes marquantes. Le Livre de Baruch (ou Premier Livre de Baruch) est un petit ouvrage biblique, deutérocanonique (« apocryphe » selon la classific […] Lire la suite

BÉHÉMOTH

  • Écrit par 
  • André PAUL
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Pluriel du mot qui désigne, en hébreu biblique, les animaux domestiques (« bétail » dans le récit de la Création, Gen., i , 24). Dans le livre de Job ( xl , 15), Béhémoth prend l'allure d'un pluriel intensif et mythique : il désigne la Bête par excellence, la force animale que Dieu le créateur peut seul maîtriser, mais dont la domestication échappe à l'homme. Béhémoth semble évoquer l'hippopotame, […] Lire la suite

BIBLE - Ancien et Nouveau Testament

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Dans le chapitre « Le groupe et le Livre »  : […] La traduction biblique dite des Septante rend les termes « origine » et « généalogie » (en hébreu, toledot ) par la formule « Livre de l'origine » (en grec, biblos génésèôs ). Et cela dès le Livre de la Genèse, à propos de la création du monde ( ii , 4) et de l'apparition des races humaines ( v , 1) . Le Nouveau Testament débute par les mots Biblos génésèôs , incipit ambigu de la généalogie de Jé […] Lire la suite

CLÉMENT DE ROME (Ier s.)

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DAMAS DOCUMENT DE

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Œuvre juive dont deux fragments (les manuscrits A et B, en partie se recouvrant et en partie se complétant, déposés à la bibliothèque de l'université de Cambridge et datés du x e ou du xi e siècle) ont été découverts à la Génizah du Caire, en 1896. Ces feuillets ont été publiés par Schechter, en 1910, sous le titre Fragments of a Zadokite Work , d'où le nom : Écrit (ou Document ) sadocite qu'o […] Lire la suite

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ENFERS ET PARADIS

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Dans le chapitre « Enfer et paradis chrétiens »  : […] Après certaines hésitations, cette représentation dualiste de l'autre monde a été acceptée également par le christianisme ; elle figure en tout cas dans les apocalypses apocryphes. L' Apocalypse de Pierre ( ii e s.) est le premier ouvrage chrétien qui décrit les punitions et les tortures des pécheurs dans l'enfer : ceux-ci sont dévorés par des oiseaux, ou suspendus par la langue à des flammes, o […] Lire la suite

ESDRAS LIVRES D'

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Plusieurs livres, juifs — bibliques ou non — et chrétiens, ont été attribués à Esdras. Arrivé à Jérusalem en ~ 428, avec un groupe important de nouveaux immigrants, ce personnage joua le premier rôle dans la réforme du judaïsme postexilique. Aussi fut-il vénéré par les Juifs comme le réinventeur de leur religion, à l'instar de Moïse, le premier inventeur. Selon une légende tardive, tous les livres […] Lire la suite

ÉZÉCHIEL (env. 627-env. 570 av. J.-C.)

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Dans le chapitre « Le Livre d'Ézéchiel et sa postérité »  : […] En dépit de ses qualités littéraires modestes, le Livre d'Ézéchiel parvint à maintenir sa grande autorité. Ben Sira (190 av. J.-C.) en est le témoin antique ; Schiller aurait voulu apprendre l'hébreu pour le lire dans l'original et Victor Hugo le placera avec Homère, Eschyle, Juvénal et quelques autres dans « l'avenue des géants immuables de l'esprit humain ». Cependant, l'utilisation d'Ézéchiel f […] Lire la suite

GNOSTICISME

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  • Michel TARDIEU
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Dans le chapitre « Composantes non distinctives »  : […] Un premier élément de définition se trouve dans la notion de gnose elle-même. On connaît la célèbre définition donnée par le gnostique Héracléon : « Ce n'est pas seulement le baptême qui est libérateur, mais c'est aussi la gnose : Qui étions-nous ? Que sommes-nous devenus ? – Où étions-nous ? Où avons-nous été jetés ? – Vers quel but nous hâtons-nous ? D'où sommes-nous rachetés ? – Qu'est-ce que l […] Lire la suite

HÉNOCH LIVRES D'

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Les auteurs juifs d'apocalypses étaient en quête de personnages illustres et homologués par la tradition qui fussent capables de servir de garants aux révélations que ces auteurs se donnaient la mission de transmettre. Le patriarche Hénoch, dont le livre de la Genèse dit qu'il « marcha avec Dieu » avant d'être enlevé aux cieux ( v , 24), le même que l'auteur de l'Ecclésiastique présente comme « un […] Lire la suite

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Expression à laquelle, dans les Évangiles, Jésus a souvent recours pour se désigner lui-même. Elle intervient en trois contextes différents, selon qu'il s'agit : de l'annonce de la parousie du Fils de l'homme ; de la prédication de sa passion et de sa résurrection ; de la description de certaines situations de sa vie terrestre. Le volume sémantique d'une telle formule (évangélique) est donc immens […] Lire la suite

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Dans le chapitre « Le Troisième- ou Trito-Isaïe et autres auteurs d'après l'exil »  : […] Le ou les auteurs des chapitres lvi à lxvi se situent après l'exil ; le Temple est reconstruit et la communauté jérusalémite connaît une période de relâchement et de découragement. Les promesses divines tardent à se réaliser ; il s'ensuit diverses défaillances et une certaine inquiétude. Le message des continuateurs de l'école isaïenne, comme celui du prophète Malachie au v e  siècle, permet de co […] Lire la suite

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Ouvrage biblique pseudépigraphique, dont le titre est connu par une édition éthiopienne du v e siècle, seule version intégrale de ce livre parvenue jusqu'à nous. Il existe des fragments en grec, en copte, en latin et en vieux slavon. L'œuvre complète se compose de trois ouvrages séparés ; la dernière version, due à un chrétien, parut au ii e siècle. La première partie, intitulée « Le Martyre d'I […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Jean HADOT, André PAUL, « APOCALYPTIQUE & APOCRYPHE LITTÉRATURES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/litteratures-apocalyptique-et-apocryphe/