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GUJARĀTĪ LITTÉRATURE

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Le vieux gujarātī (XIIe-XVe siècle)

Les moines jaina, à l'apogée de leur influence culturelle sous la dynastie solaṃkī (918-1298), n'hésitèrent pas à faire usage de la langue vernaculaire contemporaine à des fins littéraires, fait unique à une époque où le savoir ne pouvait s'exprimer que dans une langue morte, savante et stylisée, fût-elle le sanskrit, le prakrit ou l'apabhraṃsá. Leur but était de rendre accessibles aux laïcs, sinon leurs écrits savants, du moins leurs œuvres édifiantes. Les compositions les plus anciennes appartiennent au type du rāsa, long poème mi-narratif, mi-lyrique, destiné à l'origine à être récité ou joué lors des fêtes religieuses. Les premiers rāsa ont pour thème les récits mythologiques tissés autour des vingt-quatre grands héros tīrthaṃkara du jainisme, tels Bharateśvara-Bāhubali-ghora (1166) de Vrajāsena, ou Bharateśvara-Bāhubali-rāsa (1185) de Śālibhadra. Le charmant Revantagiri-rāsa de Vijayasena (1232) donne une description poétique du mont Girnār, au sud de la péninsule du Kāṭhīāvāḍ. Les moines jaina utilisèrent des genres littéraires profanes, parfois d'origine folklorique, comme le phāgu ou le bāramāsā. Le Vasanta-vilāsa de la fin xive siècle (divertissement vernal), un très bel exemple de phāgu profane anonyme, chante la réunion de deux amants au printemps. Le Sthūlibhadra-phāgu de Jinapadma Sūri (1334) souligne la vanité de l'amour de Sthūlibhadra pour son ancienne maîtresse, la courtisane Kośā, et l'ardeur de son amour mystique pour le renoncement au monde. Les bāramāsā sont des poèmes mnémotechniques énumérant les douze mois de l'année ; sous leur forme littéraire, ils décrivent presque exclusivement le viraha, c'est-à-dire le sentiment douloureux de la séparation des amants, vécu par une jeune femme tout au long d'une année. L'histoire de Neminātha, le vingt-deuxième tīrthaṃkara, qui renonça à sa fiancée Rājala la veille de ses noces, inspira les plus anciens et célèbres bāramāsā, dont le Neminātha catuṣpadikā de Vinayacandra Sūri (fin du xiiie s.).

Fait inattendu pour un vernaculaire ancien, le vieux gujarātī a une vaste li [...]

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Françoise MALLISON, « GUJARĀTĪ LITTÉRATURE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/litterature-gujarati/