LIQUIDITÉ MONÉTAIRE

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Préférence pour la liquidité monétaire selon John Maynard Keynes

La monnaie est demandée pour elle-même, en raison de la liberté qu'elle donne. Keynes distingue une demande d'encaisses de transaction M1 et une demande d'encaisses oisives M2 correspondant à des motifs de précaution et de spéculation. M1 existe parce que la monnaie est un actif de paiement, M2 parce qu'elle est un actif de placement, une réserve de valeur. J. R. Hicks fait remarquer que la demande M1 est passive parce qu'elle découle des montants de biens et de services qui sont échangés sur les divers marchés, alors que M2 est une demande volontaire parce qu'elle résulte d'un calcul économique qui a conduit l'agent à ne pas utiliser ces avoirs. Cela apparaît d'ailleurs dans les bilans des agents : M2, monnaie au repos, est comptabilisée intégralement ; M1, monnaie en mouvement, ne l'est que pour le montant immobile un jour. Ainsi la préférence pour la liquidité monétaire est mesurée par M2.

Keynes fonde la préférence pour la liquidité monétaire sur deux motifs, l'un de précaution, l'autre de spéculation, puisque celui de transaction n'explique que la formation passive d'encaisses, plus ou moins importantes selon le montant des dépenses à faire au cours d'une période et la vitesse de circulation de cette monnaie au cours de cette période.

– Les encaisses de précaution sont constituées pour faire face à des dépenses additionnelles ou à des pertes de revenu imprévisibles. Elles sont une assurance contre les aléas de la vie économique. Leur existence tient au fait que l'avenir est incertain et que la monnaie est une réserve de valeur parfaitement liquide, c'est-à-dire utilisable dès que le besoin s'en fait sentir.

– Les encaisses spéculatives obéissent à une autre logique. Elles résultent d'un arbitrage permanent entre la monnaie et les titres. Les prix des actifs financiers fluctuent. Pour ceux qui ne font pas l'objet d'une cotation, leur prix varie seulement au moment de leur émission. De toute façon, l'agent économique qui place son épargne a intérêt à acheter cette créance bon marché et, s'il doit et p [...]


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Écrit par :

  • : professeur à la faculté des sciences économiques de l'université de Poitiers

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Pour citer l’article

André CHAÎNEAU, « LIQUIDITÉ MONÉTAIRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/liquidite-monetaire/