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Des troubadours à Schubert

C'est un fait d'histoire que la poésie ne se récitait pas, mais se chantait, aussi bien dans l'Antiquité qu'au Moyen Âge. Les premiers troubadours n'ont jamais fait autre chose que de donner à la musique populaire ses lettres de noblesse en créant, dans son sillage, des chansons de plus en plus raffinées à l'usage des châtelaines et châtelains, qui enjolivaient la brutalité de leurs mœurs primitives avec les délicatesses, toutes verbales, de l'amour courtois.

La chanson de troubadour était donc un lied ; cette forme d'art, qui fleurit dans les premiers âges de la musique d'Occident et puis se perd peu à peu, demeure en sommeil pendant près de deux siècles avant de renaître très timidement avec le compositeur allemand Johann Rudolf Zumsteeg (1760-1802), aujourd'hui oublié, puis avec Mozart, Haydn, Beethoven, pour trouver enfin son accomplissement chez Schubert ; la tradition de la naissance conjointe du texte et de la musique s'étant très rapidement perdue en route.

Haydn

Photographie : Haydn

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Portrait du compositeur autrichien Joseph Haydn (1732-1809), par George Dance, en 1794. 

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Beethoven

Photographie : Beethoven

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Ludwig van Beethoven (1770-1827), chez le comte Razoumovski pour lequel il a composé ses trois quatuors à cordes opus 59. 

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Franz Schubert

Photographie : Franz Schubert

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Franz Schubert (1797-1828). 

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Quelques noms pourraient jalonner cette longue histoire, Guillaume de Machaut, Gilles Binchois ou, dans l'Angleterre du début du xviie siècle, John Dowland.

À l'actif de Mozart, on ne peut citer qu'un assez petit nombre de lieder authentiques. Le lied, art de coin du feu, n'est pas trop à son aise dans les salons d'apparat de l'Ancien Régime. De plus, Mozart est homme de théâtre, et la tradition du Singspiel ou de l'air d'opéra perce à travers la plupart de ses lieder.

Le cycle de lieder le plus connu de Beethoven est celui qui s'intitule An die ferne Geliebte (À la bien-aimée lointaine). On y trouve la forme strophique qu'exploitera Schubert, quelques inflexions mélodiques d'où la veine populaire n'est peut-être pas absente. Mais ce qui règne dans ce style, c'est moins l'esprit du lied que celui de la grande sonate, dans la forme « thème et variations ».

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  • : compositeur de musique, ancien directeur de la musique et du programme national de la Radiodiffusion française

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Pour citer l’article

Henry BARRAUD, « LIED », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lied/