LIBERTÉ, sociologie

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Une liberté sous contrôle

L’individualisme méthodologique adopte clairement une position antidéterministe, en affirmant que la société n’est pas une substance qui existe indépendamment des individus la composant. Elle est le produit contingent des libertés humaines en interdépendance. Cependant, si les hommes font la société, ils ne savent pas toujours quelle société ils font, car une multitude d’actions intentionnelles produisent des effets non intentionnels, voire pervers, qui les débordent, leur échappent et parfois contrarient leurs aspirations (un embouteillage au départ des vacances, une dévalorisation des diplômes avec la démocratisation scolaire…). Il y a donc dans les relations sociales quelque chose en plus (les « effets émergents ») qu’on ne peut pas déduire des actions individuelles prises isolément, et qui exerce une indiscutable emprise sur des dernières. D’un point de vue nominaliste et individualiste, il est donc parfaitement pertinent de souligner le poids des structures sociales. Cependant, explique Raymond Boudon dans Effets pervers et ordre social, ce ne sont jamais les structures qui agissent, c’est toujours l’individu. Les premières ne font qu’encadrer son action, la délimitent, en rendent possibles certaines et improbables d’autres. L’action, elle, reste toujours tendue par l’intention et les représentations des individus, et la structure sociale n’est contraignante que pour autant qu’elle s’y rapporte. En ce sens, le social ne peut être tenu non pour la cause directe des comportements individuels, mais seulement pour leur condition de possibilité. La liberté est donc le fait premier ; elle s’exerce cependant sous contrainte et ne signifie pas agir à sa fantaisie.

Ainsi, même l’homo œconomicus rationnel et calculateur n’est pas entièrement délivré des contraintes collectives. En principe, comme l’analyse Mancur Olson dans La Logique de l’action collective, il a tout intérêt à se comporter en [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages





Écrit par :

  • : maître de conférences en science politique, université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

Classification


Autres références

«  LIBERTÉ, sociologie  » est également traité dans :

NATURE ET HISTOIRE (J. Baechler) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Pierre DEMEULENAERE
  •  • 1 052 mots

Sous le titre de Nature et histoire , cet ouvrage (PUF) de Jean Baechler est important par sa visée qui prend forme en un peu plus de mille pages. Il s'agit, en effet, de rendre intelligible l'« aventure » de l'espèce humaine, à partir de ses caractéristiques propres. Plus précisément, l'objectif est de faire la synthèse des différentes descriptions auxquelles donnent lieu les traits formels des […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

6-14 janvier 1983 • France • Polémiques autour des projets de réforme de l'enseignement

la sociologie et à la communication. Les syndicats enseignants expriment une satisfaction quasi générale mais l'opposition dénonce violemment ce projet dont Alain Savary annoncera, le 1er février, qu'il a décidé de retenir plusieurs propositions. Le 6 également, le ministre [...] Lire la suite

Pour citer l’article

Arnault SKORNICKI, « LIBERTÉ, sociologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/liberte-sociologie/