LI SIXUN [LI SSEU-HIUN] (651-716)

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Un art de cour

Une anecdote célèbre décrit la compétition à laquelle se seraient livrés Wu Daozi et Li Sixun chargés par l'empereur Xuanzong de peindre chacun une fresque représentant la route du Sichuan ; Wu s'acquitta de sa commande en un jour, tandis que Li mit plusieurs mois à exécuter son ouvrage. Comme c'est le cas pour la plupart de ces anecdotes exemplaires, l'épisode n'a rien d'historique (il serait survenu vingt-cinq ans après la mort de Li, anachronisme qui semble n'avoir d'ailleurs jamais gêné les biographes !). Mais il n'en est pas moins instructif si on l'interprète dans un sens symbolique, comme une façon imagée de caractériser deux approches, deux styles diamétralement opposés – calligraphique et elliptique pour Wu, décoratif et minutieux pour Li.

On sait d'autre part que Li cultivait principalement la technique picturale dite « or et azur » (jinbi), laquelle, avec ses irréels rehauts de verts et de bleus et ses contours poudrés d'or, dote le paysage d'une sorte de raideur ornementale. Exécutée sur une soie spécialement préparée et encollée, propre à supporter une riche couverture colorée, cette peinture splendide et compassée était directement adaptée aux goûts de la Cour. Cette manière ne connaîtra cependant pas de notables prolongements, car dans la suite, sous l'impulsion d'artistes tels que Wang Wei et Zhang Zao, le paysage se dépouillant de ses couleurs cessera d'être un objet décoratif pour tendre au contraire à exprimer par le seul moyen de l'encre tous les impondérables d'une expérience intérieure. La technique « or et azur » ne sera pourtant pas entièrement abandonnée : à toutes les époques, des artistes y recourront de façon occasionnelle, soit par jeu archaïsant, soit pour satisfaire des commandes officielles de larges ouvrages décoratifs – ainsi Zhao Boju à l'époque Song, Qiu Ying sous les Ming, et Yuan Jiang à l'époque Qing.

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Écrit par :

  • : reader, Department of Chinese, Australian National University

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Pour citer l’article

Pierre RYCKMANS, « LI SIXUN [LI SSEU-HIUN] (651-716) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/li-sixun-li-sseu-hiun/