LI TANG (XIe-XIIe s.) ET MA YUAN (XIIe-XIIIe s.)

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Ma Yuan et l'académie des Song du Sud

Ma Yuan et son cadet Xia Gui sont nés plusieurs années après la mort de Li Tang (Ma fut actif vers 1190-1225), mais, malgré cet écart chronologique, c'est sans le moindre hiatus que leur peinture est venue prendre le relais de leur devancier. Cette remarquable continuité de développement fut assurée grâce à l'action de l'académie impériale qui, sous les Song du Sud, imprima à la peinture une homogénéité inconnue à l'époque du Nord. Si prestigieuse qu'elle ait été, l'académie de Huizong ne résumait nullement, en effet, toute la peinture de son époque, et parallèlement à elle se développaient des courants artistiques (la peinture des lettrés) sur lesquels elle restait sans influence. L'académie de Gaozong et de ses successeurs réussit par contre à monopoliser toute l'activité picturale ; hormis le groupe très marginal des peintres du Chan – et encore l'un des principaux représentants de ce groupe, Liang Kai, était-il lui-même un ancien académicien ! –, la peinture des Song du Sud a été presque exclusivement circonscrite à l'activité de l'académie. À aucune autre période de l'histoire de Chine, l'académie n'a disposé d'une emprise aussi totale sur la vie artistique et cela explique d'ailleurs les forces et les faiblesses de la peinture de l'époque (ainsi que la défaveur dans laquelle la firent tomber les lettrés dès la dynastie Yuan) : métier impeccable, niveau de qualité universellement élevé, cohérence de la démarche, stricte discipline, mais aussi goût de la virtuosité et de la mise en formules qui aboutit à une certaine étroitesse et à des artifices monotones.

Xia Gui ne resta pas insensible à certaines influences extérieures – telle que la tradition lettrée inaugurée par Mi Fu au xie siècle –, cependant que l'impétuosité de son tempérament l'entraînait constamment au dépassement de ses propres frontières ; Ma Yuan par contre représente la pure et sage perfection de l'idéal académique. À cause de l'ostracisme dont l'école fut frappée par la critique lettrée dès l'époque Yuan, presque aucune information biographique n'a été tran [...]

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Écrit par :

  • : reader, Department of Chinese, Australian National University

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Pierre RYCKMANS, « LI TANG (XIe-XIIe s.) ET MA YUAN (XIIe-XIIIe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/li-ma/