MUMFORD LEWIS (1895-1990)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'historien de la cité à travers les âges

Technics and civilization (1934) se présente comme une vaste étude de l'évolution des rapports de la culture technique avec la civilisation matérielle à travers l'histoire. Lewis Mumford introduit la notion d'âge éotechnique (l'« aube » de la technique, du xe au xviiie siècle approximativement) et, pour l'époque contemporaine, procède à un découpage inspiré des théories du biologiste et urbaniste écossais Patrick Geddes dont il se veut le disciple : à l'époque paléotechnique (« la cité carbonifère ») succède l'époque néotechnique (celle de l'énergie électrique). En réponse aux tenants du Mouvement moderne qui exaltent l'esthétique machiniste en architecture, Mumford plaide pour une maîtrise des techniques et une réorganisation du système capitaliste.

La réflexion sur l'histoire des villes amorcée avec The Culture of Cities (1938) trouve sa conclusion en 1961 avec son ouvrage le plus décisif The City in History. Ces études sur la naissance, la vie et le déclin des cités occidentales insistent sur l'exemplarité de la cité médiévale grâce à son état d'équilibre organique et à la place accordée à la nature. Le diagnostic de la situation contemporaine est plutôt sombre : spéculation immobilière, surpopulation, rôle néfaste des bureaucraties, extensions urbaines incontrôlées, congestion routière, etc. Dans la lignée d'Ebenezer Howard, Lewis Mumford recommande une version actualisée de la cité-jardin. Le régionalisme urbanistique pour lequel Lewis Mumford a milité s'impose comme remède aux maux contemporains. Entre autres responsabilités, il a été, à partir de 1923, l'animateur de la Regional Planning Association of America. Le plaidoyer en faveur d'une décentralisation urbaine rapproche Lewis Mumford de Frank Lloyd Wright qui, dans son projet de « Broadacre City » (1932), avait proposé un modèle de désurbanisme.


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages





Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, directeur de l'École doctorale d'histoire de l'art

Classification


Autres références

«  MUMFORD LEWIS (1895-1990)  » est également traité dans :

URBANISME - Théories et réalisations

  • Écrit par 
  • Françoise CHOAY
  •  • 9 915 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Critique de l'urbanisme progressiste. L'urbanisme en question »  : […] Après une phase d'euphorie, le triomphe de l'urbanisme progressiste suscite une critique qui porte d'abord sur ses réalisations, puis sur sa démarche, pour finalement mettre en question le statut de la discipline même. À quelques exceptions près, dont celle de Gaston Bardet, en France, la critique des réalisations naît aux États-Unis, pays le premier touché par cet urbanisme. Elle porte essentiell […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Claude MASSU, « MUMFORD LEWIS - (1895-1990) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 avril 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/lewis-mumford/