LÉVIATHAN, Thomas HobbesFiche de lecture

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La violence originaire

Tous les hommes connaissent les mêmes passions (désir, peur, crainte...) même si les objets qu'ils craignent ou convoitent sont différents. La première partie de l'ouvrage traitera donc « De l'homme ». D'emblée, Hobbes refuse la définition traditionnelle de l'homme comme animal politique doué de parole ou de raison. Il choisit de le caractériser par la passion et l'insatisfaction qui le poussent à toujours désirer plus, par crainte de perdre ce qu'il possède déjà. Précarité fondamentale, finitude essentielle caractérisent cette vision baroque de l'homme, qui se voit devenu le centre de forces elles-mêmes sans cesse confrontées à des forces adverses dans une guerre de tous contre tous. Dans cette perspective, le chapitre 4 traitant de la parole revêt une importance particulière. C'est par elle que l'homme s'arrache à la condition animale. C'est elle encore qui permet l'existence – fût-elle insatisfaisante et sans cesse remise en cause – d'un rapport à autrui. Le langage, ici, est avant tout défini par ses usages – formuler sa pensée, l'exprimer, instruire, agir sur autrui – et par ses abus – parler sans savoir ce que l'on dit « à cause de l'inconstance des mots », abuser des métaphores, se tromper sur ses propres volontés et nuire à autrui. Le bien-dire est la seule garantie dont nous disposions pour parvenir au vrai. « La vérité consiste en l'exacte mise en ordre des noms dans nos affirmations. » Il faut donc, selon Hobbes, procéder à la manière des géomètres et partir de définitions claires, afin de ne pas s'empêtrer dans la glue des mots vagues et des expressions insensées telles que les philosophes (avant tout les scolastiques) en ont abusé. Redonner un vrai sens aux mots de la tribu, tâche du souverain, revêt donc une portée éminemment politique : c'est éviter les fausses querelles qui conduisent aux guerres civiles, en créant les conditions de possibilité du lien social.


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HOBBES THOMAS (1588-1679)

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Dans le chapitre « L'auteur du « Léviathan » »  : […] La vie de Hobbes est toute simple et tout entière consacrée à l'étude et à la méditation. Il fait de bonnes études jusqu'en 1608 à Magdalen Hall, à Oxford, avant d'entrer au service des Cavendish, famille puissante, titulaire du comté de Devonshire, à laquelle il demeurera toute sa vie attaché. Les seuls événements marquants de son existence sont les trois voyages qu'il fait en France et en Italie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/thomas-hobbes/#i_31356

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Pour citer l’article

Francis WYBRANDS, « LÉVIATHAN, Thomas Hobbes - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/leviathan-thomas-hobbes/